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Articles 2016

 

 

Tous les articles

janvier : Le mécanicisme et ses conséquences sur le mouvement humain par Myrthes Gonzalez
février : Réapprendre à jouer de façon biocentrique par Gaston Andino
mars : La Biodanza et la musique par Norberto Lopez
avril : ABC: Accolades (abrazos), Baisers, Caresses par Romina Cassinelli
mai : Les 7 valeurs ré-évolutionnaires par Leo do Mundo
juin : Une création de la nature pour se transformer soi-même de Valentiono Terrén Toro
juillet-août : Les liens, un mode d'affection qui facilite la rencontre de Angeles Gonzalez
septembre : Nouveaux paradigmes en éducation de Jorge Terrén
octobre : L'affectivité, un chemin d'apprentissage par Betina Galante
novembre : Biodanza pour les enfants par Carla Guzzardo, Alejandra Formés, Florencia Salerno
décembre : Sexualité adulte et Biodanza par Emlise Pola

 


Article du mois de janvier 2016
 

Le mécanicisme et ses conséquences sur le mouvement humain par Myrthes Gonzalez

 

La base conceptuelle de la Biodanza provient d’une méditation sur la vie, du désir de renaître de nos gestes dépecés. »  Rolando Toro

 

L’histoire du mouvement humain est aussi l’histoire de l’humanité. Toutes les périodes historiques ont eu des conséquences sur la corporéité. Dans ce texte, je cherche à réfléchir plus spécialement sur la période historique qui se caractérise par le mécanicisme et comment celui-ci va atteindre la corporéité et donc déterminer la façon dont les êtres humains ont bougé ces derniers siècles.

 

Les réflexions du philosophe René Descartes furent déterminantes pour la vision du monde à l’âge moderne. Descartes propose une suprématie de la raison au détriment de la corporéité. Le corps est, pour lui, une machine créée pour servir les objectifs de la raison.

 

Le dualisme corps – esprit n’est pas une invention cartésienne mais nous pouvons dire que Descartes a accentué cette dissociation.

 

La vision rationnelle de Descartes est contemporaine aux avancées technologiques au cours du temps. Au Moyen-Âge, étant donné la forte discipline dans les monastères catholiques, il y avait besoin d’un mesurage de temps permettant d’imposer une division des tâches pendant la journée à partir de cette mesure. C’est de cette époque qu’ont surgi les rudiments de la mesure mécanique du temps. A partir du 14ème siècle, devant le besoin d’instruments adéquats pour les grandes navigations utilisant des horloges mécaniques - celles-ci étant initialement énormes et se trouvant dans les clochers des églises - celles-ci diminuèrent de taille devenant peu à peu habituelle dans les lieux de travail et à la maison.

 

Nous pouvons percevoir que, dès le début, la mesure mécanique du temps a influencé la corporéité, ayant comme objectif d’organiser et de créer une méthode dans la routine humaine, en standardisant les mouvements et les pratiques.

 

La mécanisation de la mesure du temps cependant arrive à une époque de grandes avancées technologiques qui vont s’établir peu à peu à la place de la production artisanale par la mécanisation de la production à grande échelle par des machines qui remplacent le travail humain.

 

Pour avoir une notion de la dimension corporelle de ce changement, il faut penser au style de vie de l’artisan. La production artisanale, dans les centres urbains du 16ème et 17ème siècle se faisait en petits groupes ou même un seul artisan faisait tout le processus. En général, il n’y avait pas de division rigide des tâches ni un contrôle rigide du temps ou de la production. Cela ne veut pas dire qu’il y avait des conditions idéales de travail, car les citadins en général n’avaient pas d’installations sanitaires et les bourgeois étaient plus organisés en stratégies de défense que tournés vers le bien-être de ceux qui vivaient là. Nous pouvons cependant dire que, d’une certaine façon, la production n’avait pas un impact décisif sur l’organisation du mouvement. Le travail manuel non répétitif, où le travailleur avait conscience de tout le processus de production, permet en général une connexion avec la danse – mouvement plein de sens.

 

Le phénomène appelé révolution industrielle commence au 18ème siècle, en Angleterre. A ce moment, de grandes machines, initialement à vapeur, remplacent une partie du travail fait auparavant par les artisans. Il existe donc une modification très radicale de la structure sociale. Le propriétaire de la machine ne s’implique pas directement dans le processus de production, mais emploient un grand nombre de personnes qui vont faire partie de ce processus en agissant près des machines.

 

Ceci a créé une nouvelle catégorie professionnelle de personnes qui vendaient leur force de travail en échange d’une petite partie de la valeur générée par la production (valeur ajoutée). Ce type de relation, qui aujourd’hui encore détermine la production dans notre société, a commencé de façon brutale. Les employés allaient des enfants aux vieillards, des femmes et des hommes avec des journées de travail allant jusqu’à plus de 16 heures. Une situation qui a seulement changé avec l’organisation des travailleurs en syndicats.

 

Les modifications dans le mouvement humain découlant de cette période historique sont très importantes. Nous pouvons  souligner deux points :

 

1.   L’élément central de la production devient la machine, beaucoup plus efficace en termes de productivité. L’être humain fait partie de la production comme une espèce de « co-adjuvent » de la machine. D’une certaine façon, il fait partie de ses engrenages. Il est comme un engrenage, une pièce sans signification spéciale qui peut être échangé par un autre en cas de défaillance.

 

2.   Le travailleur n’a plus conscience de la totalité du processus de production. Il est en général utilisé à seulement un point du processus avec des mouvements répétitifs et sans signification. Son mouvement n’a plus de sens, il est vide de toute créativité et de toute identité. L’homme est une pièce de la machine. Pendant les mouvements répétitifs, il existe un processus brutal de dissociation corps – esprit. L’esprit navigue dans d’autres sphères hors du temps présent et de l’espace de l’usine.

 

Au début du 20ème siècle, les usines comptent des lignes de production de plus en plus sophistiquées. Taylor a étudié l’organisation des environnements et des machinistes de façon à établir une économie des gestes. Selon lui, une partie de l’énergie qui pourrait être destinée à la production était gaspillée par des mouvements non dirigés vers elle. Taylor a influencé toute l’organisation des environnements contemporains dans la recherche d’une objectivité absolue et non gaspillée dans la production des biens de consommation. Le travailleur de la ligne de production commence à avoir des gestes mesurés et contrôlés de façon à canaliser toute son énergie motrice vers la tâche qui lui est désignée.

 

C’est seulement à la fin du 20ème siècle qu’on constate que ces gestes répétitifs et privés de sens génèrent une distance chronique de l’ici et maintenant, un état de transe désintégrant où la personne s’absente d’elle-même jour après jour, pendant de nombreuses heures par jour. Nous avons par conséquent une série de dégâts sanitaires, tant au niveau de la corporéité que de la spiritualité.

 

Dans les années 80 déjà, on sait qu’il est important que le travailleur soit impliqué dans toutes les parties du processus de production et qu’il donne une signification à ce qu’il produit. Dans le cas contraire, il tombe malade, soit de maladies psychosomatiques, psychiatriques ou d’accidents du travail.

 

Cette constatation nous amène directement à la perception que les mouvements dits corporels sont directement associés à la santé et que la qualité de ces mouvements détermine la qualité de vie et la façon de percevoir et de se relier avec le monde.

 

Nous arrivons finalement au début du 21ème siècle dans une société hyper technologique où les processus de la ligne de production sont presque déjà quasi automatisés et le travail manuel est substitué, à large échelle, par des équipements de haute technologie. Quelles en sont les conséquences inévitables sur la corporéité ? Quel type de mouvement cette société propose ? Est-ce que nous dépassons le mécanicisme ou est-ce que nous entrons dans une version plus sophistiquée de celui-ci ?

 

Nous vivons actuellement dans un monde inséparable de la mécanisation, ce processus historique a changé drastiquement la nature et aussi la relation de l’humain avec lui-même.

 

Comment vivre aujourd’hui sans lumière, sans eau courante, sans Internet, sans téléphone, sans voiture, sans train, sans avion et tous les autres équipements technologiques ? Nous serions complètement inadaptés si nous retournions à vivre comme il y a 50 ans.

 

Nous nous éloignons peu à peu du besoin de nous impliquer directement avec des travaux répétitifs et peu créatifs et nous pouvons penser que ceci est un fait extrêmement libérateur. Nous ne pouvons cependant pas oublier que ce qui met en mouvement notre structure économique aujourd’hui est la consommation.

 

La création d’un monde virtuelle chaque fois plus indispensable et absorbant a amené à une « pacification » des mouvements. La motricité fine, les gestes des doigts et le regard tourné des heures vers un écran ont créé une difficulté d’interaction avec le monde non virtuel. La non virtualité demande de la sueur, des muscles et une attention multidirectionnelle. Les maladies liées à des mouvements répétitifs des mains prolifèrent, ainsi qu’une obésité quasi épidémique.

 

La virtualité, la globalisation et la consommation créent un être humain passif d’un côté et irrité de l’autre, car il est habitué aux résultats immédiats de l’ordinateur. On perd radicalement les détails subtils de l’interaction humaine qui est faite de façon plus désinvolte dans le virtuel que dans l’interaction directe. Des phénomènes de résonance qui sont basés sur cette interaction directe se perdent en provoquant des difficultés dans les relations humaines, une absence d’empathie et un mal-être émotionnel.

 

La médecine attire l’attention sur les maladies provenant du sédentarisme et il se crée aujourd’hui un nouveau type de pratique, chaque fois plus diffusé, où l’exercice physique est vu comme un besoin pour la santé. Il est de fait nécessaire pour compenser notre style de vie inerte. Il est cependant important de réfléchir sur la façon dont il est fait et sur les motivations. Il reflète et renforce souvent une profonde dissociation corps – esprit. Le manque de perception des sensations corporelles est la cause et la conséquence d’un style de vie tourné vers la consommation. L’exercice est pratiqué comme une obligation et comme si le corps était un animal enfermé toute la journée dans une geôle. Il serait donc important, de temps en temps, de le laisser sortir, de préférence sous contrôle, sous forme de colère.

 

Celui qui pratique des exercices physiques a souvent une motivation de maintien de sa santé physique et de sa beauté esthétique. Le corps est ici un objectif qui doit être bien soigné et bien préservé.

 

Heureusement, cependant, la naissance du nouveau millénaire apporte avec elle un besoin pressant de changement. Encore impactés et d’une certaine façon crédules quant aux possibilités générées par l’avancée technologique, beaucoup de personnes arrivent à repenser leur relation avec la consommation et génèrent ainsi un processus d’intégration où la corporéité et les spiritualités tendent à se fondre dans la recherche d’un être intégral.

 

L’humanité arrive à une dissociation extrême mais, comme dans tout sommet, il existe un déclin, dans ce cas, une chance de changement.

 

Rolando Toro, créateur de la Biodanza, propose que nous renaissions de nos gestes dépecés.

 

La réflexion qu’il fait est que nous sommes nos gestes. Il ne sert à rien d’acquérir des objets et de nous proposer des pratiques diverses, si nous ne sommes pas intensément engagés avec ce que nous faisons. Cet engagement est une récupération de la corporéité. Tout ce que nous faisons dans notre quotidien a un sens et peut englober tout notre être. Si nous reconnaissons l’importance de chacun de nos gestes et que nous les transformons en danse de notre existence, nous aurons besoin de choses très simples pour vivre. Le bonheur et la réalisation sont loin de l’acquisition des choses. La joie de vivre et le bien-être sont liés à la qualité du geste et du mouvement de chaque acte de mon existence. La santé intégrale est indissociable du fait de danser sa vie.

 

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Article du mois de février 2016
 

Réapprendre à jouer de façon biocentrique par Gaston Andino

 

« Depuis le temps des cavernes, l’Homme manifestait déjà son humanisation par le jeu. Un tel acte peut être vu dans ses peintures rupestres, dans ses danses, dans ses manifestations de joie » (Lima Martinez, 2004 :6).

 

En ce sens, le jeu est présent depuis toujours en nous. Il fait partie du processus d’évolution de la croissance de tous les êtres humains, de l’humanité. Tous, à un certain moment de notre enfance, nous avons joué, pourtant la présence d’objets, de jouets ou de personnes ne sont pas nécessaires pour pouvoir jouer. Car le plus important est d’avoir l’imagination ouverte et disponible, d’être disposé à ce qu’une boîte à chaussures devienne un garage où garer une petite voiture en boîte d’allumettes. Avec un peu d’imagination, tout est possible.

 

Les grandes découvertes font partie de ce monde fantastique de l’imagination, où il n’y a pas de limites et tout peut se passer.

 

« La capacité créative de l’homme, de par ses conditions génétiques et existentielles, n’a pas de limites. Les exigences de la vie sont l’expansion et l’harmonisation » (Della Vecchia, Agostinho, 2002 :61).

 

Le jeu dans l’univers des adultes est un besoin important car certains « prennent la vie trop au sérieux », perdant le naturel, la spontanéité que la vie nous apporte, à chaque moment. Nous devons savoir nous ajuster, avoir la fluidité nécessaire, sans perdre les rôles sociaux que nous devons vivre au quotidien. Tout a un temps et pour chaque chose ou chaque situation, nous avons un début, un milieu et une fin ; comme un jeu où la vie se passe dans l’instant présent et demande à chacune d’entre nous notre plus grande attention. Ensuite, ce moment fera partie du passé. L’enfant le sait, c’est pour cela qu’il vit intensément chaque jeu comme si c’était la dernière fois et c’est pour cela qu’il ne veut jamais s’arrêter.

 

Jouer c’est rénover la vie en nous et dans notre entourage, un chemin de santé et d’intégration existentielle.

 

« De la même façon que la personnalité de l’adulte se développe par ses expériences de vie, celle des enfants se développe par l’intermédiaire de ses propres jeux réalisés par d’autres enfants ou des adultes. En grandissant, les enfants augmentent graduellement leur capacité d’amplifier la richesse du monde réel extérieur. Le jeu est la preuve évidente et constante de la capacité créatrice qui veut dire vivencia » (Winnicott, 1982 :163).

 

En réfléchissant sur ce que nous dit Winnicott, on peut aussi penser que dans cette pulsation entre Conscience Amplifiée de soi-même et Régression, les deux sont des aspects complémentaires de l’Identité dans la vision de la Biodanza. C’est une façon, une possibilité que, dans le jeu, les adultes développent de nouveaux potentiels et débloquent ceux existants, pour s’exprimer pleinement.

 

Comme le relate un élève, après de nombreuses classes travaillant sur la ligne de la créativité au travers de différents jeux, jouant un jour avec sa nièce il oublia la peur qu’il avait du ridicule et sa rigidité et arriva à jouer avec elle d’une façon incroyable pour lui. Il se sentit plein et  heureux car il avait dépassé une de ses peurs la plus profonde : celle de ne pas être créatif.

 

Le jeu, dans la vision biocentrique, est un chemin de profondes vivencias intégrantes. Celles-ci travaillent les cinq lignes de vivencia ou canaux biologiques par lesquels la vie s’exprime, en permettant leur manifestation, leur potentialisation et leur intégration.

 

« Les vivencias sont l’expression de l’entrelacement de la vie instinctive avec le monde des valeurs et de la symbolique ; elles sont propres à l’être humain et ont besoin de la réalité historico-sociale pour se manifester (Wagner Cezar, 2002 :80).

 

Dans le jeu, nous observons que les cinq lignes de vivencias que la Biodanza propose s’intègrent :

 

a)     La Vitalité parce qu’elle a besoin de la présence active du participant, de l’autre ; la joie et la disposition pour jouer sont très présentes. Elles sont une des sources qui propulsent la vie, l’envie de vivre, d’être dans le monde.

 

« La force, l’élan, l’énergie vitale, la vigueur et la consistance biologique et existentielle sont des manifestations de la vitalité » (Wagner Cezar, 2002 :89).

 

Certains jeux sont plus actifs – énergiques que d’autres plus calmes – tranquillisants.

 

Ainsi, par exemple, le plus actif : le facilitateur demande à un membre du groupe d’aller au centre et de faire un mouvement dans le rythme de la musique et le reste du groupe accompagne son mouvement.

 

Ou un des plus calmes : le miroir à deux (mimiques à deux), où le premier fait un mouvement dans la mélodie de la musique et l’autre l’accompagne en accompagnant son mouvement. Cela peut également être l’éventail chinois, ou en se regardant à travers les doigts de la main, nous rencontrons le regard du compagnon et nous nous relions affectivement. Dans la polarité du modèle théorique entre conscience amplifié de soi-même et régression.

 

b)    La Sexualité parce qu’elle nous redonne le plaisir de jouer, d’être présent dans ce qui se fait. Elle nous apporte différentes sensations corporelles agréables qui découlent du jeu, du contact et du lien affectif.

 

Comme le dit Winnicott : « Les enfants ont plaisir à des jeux physiques et émotionnels » (1982 :161). De la même façon, c’est pareils chez l’adulte après qu’il ait dépassé le fait de se sentir inadéquat et ridicule.

 

Ceci, je l’ai observé dans des groupes d’adultes quand je propose ce type d’activité, au début c’est un mouvement stéréotypé, rigide et ensuite (peu à peu) les personnes commencent à se relâcher, à profiter, à éclater de rire avec un plaisir intense, rempli de bien-être.

 

J’ai également observé, dans mon travail avec des enfants en situation de vulnérabilité sociale, que ceux-ci avaient intégré cette question du contact et du plaisir dans leurs jeux, d’une façon très naturelle et spontanée, où le rire, le contact physique se faisaient librement. Nous, adultes, somme capables après avoir dépassé de nombreuses peurs, de trouver cette capacité que ces enfants ont déjà. Pourtant, beaucoup d’entre eux sont dans la misère économique, affective et, malgré cela, ils vivent des moments simples de contact et de plaisir. Sans aucun doute, les enfants sont toujours nos petits maîtres pour nous aider à trouver le lien entre le contact et le plaisir, par le jeu, la spontanéité et la simplicité.

 

c)     La Créativité est la ligne de vivencia où se trouve le jeu, se manifestant sous différentes formes : improvisation, ridicule, inespéré. C’est la capacité d’accoucher de nous-mêmes, l’autopoïèse de Rolando Toro.

 

« Créer signifie entre autres, transformer, innover, grandir, changer soi et le monde avec le même geste, le même acte » (Wagner Cezar, 2002 :90).

 

Dans la majorité des vivencias proposées en Biodanza, on n’utilise pas d’objets comme intermédiaire du jeu parce que cela permet qu’entre en scène l’imagination. Quand il n’y a pas de jouets, nous devons l’imaginer. Ainsi, notre capacité d’imaginer devient plus grande car nous pouvons créer l’objet avec la taille, la forme, la couleur et l’odeur que nous voulons. Ceci veut dire, avec les mots d’adulte, c’est qu’avec peu, nous pouvons faire beaucoup.

 

« Nous savons tous que les jeux d’enfant manifestent l’action de l’impulsion créative humaine. Beaucoup développent un degré élevé d’imagination. La facilité avec laquelle l’enfant le fait montre que son monde est en grande partie subjectif, avec beaucoup de sentiments emmagasinés, prêts à être utilisés. Comme il n’est pas soumis à des pressions ou des responsabilités, l’imagination arrive à transformer la réalité en un monde féérique où il y a des possibilités illimitées pour l’expression de soi et le plaisir » (Alexander Lowen, 1984 :15).

 

Jouer est une nouvelle possibilité de récupérer quelque chose qui, dans le fond de notre cœur, reste endormi et de l’exprimer avec toute sa force, en pouvant recréer notre vie.

 

« Ce que nous devons exprimer existe déjà en nous, de sorte que travailler la créativité n’est pas une question de faire surgir le matériel, mais de débloquer les obstacles qui empêche leur flux naturel » (Nachmanovitch Stephen, 1993 :21).

 

Nous devons apprendre avec les enfants à développer cette profondeur d’être entier, de nous plonger dans le jeu et d’oublier le temps et le lieu. C’est seulement ainsi que nous découvrirons de nouvelles formes créatives de lien intégré, original et créatif avec le monde.

 

« Créer ne peut être vu que dans un sens global, comme une action intégrée, un vécu humain. De fait, créer et vivre sont reliés. (Ostrower Fayga, 1987 :5).

 

d)    L’Affectivité par le fait que beaucoup de jeux ont besoin d’un lien affectif, de l’autre comme une possibilité pour que le jeu se fasse. L’affect, le lien qui se génère peut être très profond, en créant plus de besoin de se relier pour pouvoir jouer, se regarder les yeux dans les yeux. Ceci nous permet de réfléchir sur certaines questions comme : est-ce que je prends soin de l’autre quand je joue, comment je joue, car dans certaines vivencias il y a le changement : maintenant l’un, maintenant l’autre, ce qui demande plus d’attention dans que j’ai quand je joue avec l’autre, comment je traite l’autre, avec les choses de l’autre, avec les « choses » en général de ma vie.

 

Le jeu peut permettre des moments de profonde empathie amoureuse entre les participants des jeux –vivencias, permettant de renforcer ce fil qui soutient la vie : l’éthique.

 

« C’est la source de l’éthique, le chemin par lequel l’être humain peut construire collectivement une société démocratique et amoureuse – de prendre soin de nous » (Wagner Cezar, 2002 :92).

 

C’est aussi un chemin pour apprendre à établir de nouveaux liens plus intégrés et plus sains.

 

« Le jeu offre une organisation pour l’initiation des relations émotionnelles et régule le développement du contact social » (Winnicott, 1982 :13).

 

Dans l’affectivité et dans le jeu se trouve aussi le germe de notre orientation professionnelle, dans le jeu, l’enfant commence à vivre sa capacité d’aimer ce qu’il fait. Ceci pourra être, quand il sera plus grand, l’aspect professionnel qu’il-elle exercera, qui sens à son existence. C’est pour cela que, lors de moments de désorientation professionnelle, nous devons regarder vers nos jeux d’enfants. A quoi jouions-nous ? A quoi aimions-nous jouer ? Quel sentiment j’avais quand je jouais à ce jeu ? C’est là que peuvent être certaines des réponses que nous cherchons.

 

e)     La Transcendance est toujours présente parce que, dans le jeu, nous oublions souvent le temps, l’espace et même la proposition de celui-ci. Transcender c’est aller bien au-delà de ce qui nous limite, ou de nos possibilités que nous connaissions jusqu’à aujourd’hui et de notre égo (une image de soi-même pas aussi réelle que cela).

 

« Nous croyons que la transcendance est le chemin d’humanisation de l’homme et parfois la seule efficace pour le combat contra la pauvreté (de tout type) qui menace l’espèce humaine, car elle favorise le dépassement des limites en permettant l’accès à de nouveaux échelons dans la frontière évolutive (Spode, Schleder, 2006 :54).

 

Vivre la possibilité que l’autre puisse jouer avec moi, nous abandonner à cette relation si particulière d’être un objet acteur du jeu, permet de sortir du monde de mon égo pour m’abandonner à une relation d’égal à égal, à une relation profondément humaine.

 

L’Enfant Divin

Quand l’adulte joue, il se relie à l’Archétype de l’Enfant Divin, il est le propulseur de la vie en nous en nous permettant de récupérer l’innocence, la spontanéité et l’envie de vivre.

 

« L’Enfant Divin en nous est la source de la vie (Rober Moore, Douglas Gillete, 1993 :22).

L’archétype est une image inconsciente, avec un fort contenu émotionnel, c’est l’histoire de l’humanité en nous qui se manifeste par la peinture, la sculpture, la littérature, dans tous les arts.

 

« Tous les êtres humains ont plus ou  moins accès à ces archétypes. Nous le faisons, en vérité, dans nos relations les uns avec les autres (Rober Moore, Douglas Gillete, 1993 :9,11).

 

Une façon de savoir comment il se trouve, c’est d’observer nos rêves : s’ils ont des images d’enfants qui jouent, s’ils sont joyeux, s’ils ont des couleurs, et quel est le sentiment qu’éveille en moi ce type de rêve. Une autre façon est d’observer comment est notre relation avec les enfants en général, si cela nous plaît, comment est le lien que j’établis avec eux, si j’arrive à jouer, si je les accepte ou les tolère seulement un peu, ou s’ils m’irritent. Les enfants sont un miroir pour pouvoir regarder notre Enfant Divin.

 

La vérité est que l’enfant est en chacun de nous quand il occupe la bonne place dans notre vie. C’est une source de jeux, de plaisir, de diversion, d’énergie, d’une espèce de libéralisme qui est prêt à l’aventure et à affronter le futur (Rober Moore, Douglas Gillete, 1993 :14).

 

Ce qui est fondamental dans le lien avec cet archétype, c’est qu’il ne se manifeste que quand il est nécessaire, ne restant pas emprisonné en soi. C’est une pulsation qui se passe naturellement, non un stéréotype. Sinon nous commencerions à avoir un conflit.

 

Le lien avec cet archétype peut être un chemin vers la santé et l’intégration existentielle.

 

Croître, vivre et jouer

Jouer dans la vision de la Biodanza signifie pouvoir reprendre un chemin de lien avec notre innocence, avec la capacité de pouvoir toujours voir la vie comme une nouvelle occasion de croître, d’être. Sans tant de préjugés, tant d’idées préformées, sans tant d’excuses, de fautes pour pouvoir avoir plus de plaisir dans notre quotidien.

 

« La créature qui joue est plus apte pour s’adapter aux changements de contextes et de conditions » (Nachmanovitch Stephen, 1993 :51).

 

Jouer peut aussi signifier changer, créer de nouvelles variantes, de nouvelles situations plus réconfortantes pour l’être humain.

 

La Biodanza favorise donc un espace excellent à travers les jeux existants dans sa méthodologie (d’autres qui peuvent s’adapter et se créer dans sa vision biocentrique). Il peut y avoir différents apprentissages : comme quand l’ « autre » est un jouet, cette possibilité de pouvoir jouer avec quelqu’un, connecté par le regard, par le contact ou par l’affect. Savoir se lier et prendre soin du « jouet », percevoir et être perçu par quelqu’un, cela permet sans doute d’avoir une vivencia profonde de valeurs, d’éthique sur le soin à la vie.

 

Il existe aussi tout un apprentissage corporel, essentiellement par le mouvement, le contact lié à la présence de l’autre, c’est une porte pour de nouvelles perceptions sur notre « mouvement dans le monde, notre danse de la vie ». Une récupération du mouvement, de gestes plus simples et fluides.

 

« La conséquence du manque d’exercice (ou d’exercice insuffisant) est la rigidité du corps et du cœur ; et un nombre chaque fois plus réduit de moyens d’expression » (Nachmanovitch Stephen, 1993 :51)

 

Le sentiment de joie qu’éveille le jeu est aussi un élément profond de santé et d’intégration existentielle.

 

« La vivencia qui travaille avec le ludique agit directement sur l’humeur endogène dans l’inconscient vital » Rolando Toro.

 

Cela signifie que les jeux agissent directement sur toute notre existence, sur notre vie, dans un sens profond. Ils sont des stimuli de notre identité, renforçant l’estime de soi et l’image de soi, pouvant donner une nouvelle perception de soi et du monde qui nous entoure, pouvant être profondément transformateur dans la vie des personnes.

 

« Nous exprimons notre existence en créant. La créativité est la séquence naturelle de l’être » (May Rollo 9 Edição. Editora Nova fronteira: 8)

Par le jeu nous pouvons reprendre le chemin du réapprentissage à l’expression avec plus de simplicité et de plaisir, récupérant notre joie de vivre.

 

Bibliographie

Dalla Vecchia Agostinho. A Educação Integrada á Vida. Edição Independente, Pelotas – Brasil, 2002.
Góis,Cezar Wagner de lima. Biodanca-Identidade e vivência 2 edição em brasileiro, fortaleza, 2002
Spode Schleder, Eni A. Reeducação afetiva. Porto Alegre: Imagens da Terra, 2006.
Winnicott, W. Jeu et réalité. Paris, Gallimard, Folio Essais, 2002
Lima Marilene.
Revista do professor, Porto Alegre – 20(78) 5 – 7 Abril/Junho 2004
Toro Rolando. Teoria de biodanca. Coletânea de Textos. Fortaleza: ALAB, 1991.
Lowen, Alexander. Le plaisir. Paris, Ed. Tchou, 1977
May Rollo. Psychologie existentielle. Edition Epi, 1986
Nachmanovitch Stephen. Ser criativo. Editora Summus. São Paulo, 1993
May Rollo. A coragem de criar. Rio de Janeiro: Editora Nova Fronteira, 9 edição, 1975.
Ostrower, Fayga. Criatividade e Processos de Criação. Rio de Janeiro: Vozes 1987-13 edição.
Robert Moore, Douglas Gillete. Rei, Guerreiro, Mago, Amante.
Ed. Campus, R.Janeiro 1993.

 

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Article du mois de mars 2016
 

La Biodanza et la musique par Norberto Lopez

 

Depuis que l’être humain est apparu sur la terre, il découvre le son qui l’entoure et plus particulièrement celui que produisent les éléments de la nature. Il découvre aussi le son de sa propre voix par laquelle il est capable de communiquer, d’exprimer ses émotions, de chanter, d’imiter les sons de son entourage, d’élever ses prières aux dieux et aussi utiliser le chant pour guérir.

 

Ainsi se construisent les différents instruments musicaux qui sont très variés, d’abord les instruments de percussion ensuite les instruments à vent. Grâce à eux, il  exécute des sons qui vont créer la musique et petit à petit il s’étonne des propriétés thérapeutiques extraordinaires du son, de la musique et de la voix.

 

Depuis des temps immémoriaux, le pouvoir de la musique est connu et utilisé par différents peuples et à différents endroits pour se relier au cosmos et invoquer les forces de guérison.

 

L’homme a eu la perception d’un univers régi par les lois rythmiques : les événements qui se répètent de façon cyclique dans la nature.

 

Une vieille doctrine affirme que le modèle de création de l’univers était basé sur des proportions musicales et, selon cette croyance, les corps célestes produisaient des sons qui en se combinant formaient ce que l’on connaît comme « la musique des sphères ». Cette théorie fut acceptée pendant de nombreux siècles par les grands penseurs et scientifiques, de Pythagore au 6ème siècle av. J.-C. à Kepler au 17ème siècle après J.-C.

 

De nos jours, cette croyance peut nous sembler étrange, mais il faut comprendre qu’à d’autres époques les façons de penser étaient très différentes que les nôtres.

 

Les hommes de l’antiquité n’avaient pas les éléments technologiques qui sont à notre disposition aujourd’hui. Ensuite, nous devons tenir compte que, à ces époques, le mot « musique » avait un sens différent qu’actuellement.

 

1.     1. Pour Pythagore et ses adeptes, la musique était la science de l’harmonie

L’harmonie peut être comprise comme l’ordre des sons, mais aussi comme l’ordre divin du cosmos et on supposait sans doute qu’il y avait une relation entre ces deux harmonies.

 

2.     2. Plotin considérait la musique comme un des chemins pour arriver à Dieu.

 

3.     3. Saint Augustin parlait du passage de la musique d’une phase de son à la contemplation de l’harmonie divine.

 

4.     4. Boccio, spécialiste de la musique qui a eu une très grande influence sur la pensée occidentale jusqu’à la Renaissance considérait différents types de musique celle du monde, humaine et instrumentale.

La musique du monde se référait à l’harmonie de l’univers, la musique humaine faisait allusion au principe d’union entre l’âme et le corps de l’homme et la musique instrumentale était celle produite par les instruments musicaux.

 

Actuellement, nous considérons comme de la musique que ce dernier type, la musique instrumentale.

 

A partir de la Renaissance, le mot « musique » a commencé à faire référence à l’art des sons, comme nous l’entendons de nos jours, bien que ce ne soit pas l’unique sens du mot parce que, d’un point de vue philosophique, la musique fut considérée « comme une révélation à l’homme de la réalité divine ».

 

Pythagore considérait que l’essence ultime de la réalité s’exprimait par des nombres, car les nombres étaient le moyen pour percevoir  ce qui autrement pouvait rester inaccessible tant à l’intellect qu’aux sens.

 

Pour les pythagoriciens, les distances entre les planètes avaient les mêmes proportions que celles existant entre les intervalles des sons de l’échelle musicale qui étaient considérés comme « harmoniques » ou consonants. Les sphères (planètes) plus proches avaient des tons graves alors que les plus éloignées avaient des tons aigus. Tous ces sons se combinaient en une merveilleuse harmonie : la musique des sphères.

 

Pythagore enseignait à ses élèves avec ce concept d’ « Harmonie des sphères », l’esprit de l’unité de l’univers. Son école diffusait le besoin d’apprendre à se syntoniser avec cette harmonie par la musique.

 

En résumé, la génialité de Pythagore nous permet de voir un microcosme en parfaite harmonie avec le macrocosme, faisant ressortir le fait que chaque corps existant, chaque planète, chaque personne ont un son et une musique particulière tant qu’elle danse à la mesure des astres dans la grande Symphonie Universelle.

 
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Article du mois d'avril 2016
 

ABC, Accolades (abrazos), Baisers, Caresses par Romina Cassinelli

 

« Trouver les chemins pour que toutes les personnes aient accès aux caresses, des enfants aux personnes âgées, c’est l’unique révolution qui a du sens. »  Rolando Toro Araneda

 

…une musique douce berçante de fond, l’invitation était de fluer dans l’utérus cosmique en percevant la sacralité de la vie. En revenant du chatoiement qu’a produit en moi cette danse, un regard doux m’attendait, les caresses augmentaient la sensation d’être vivante et l’abrazo m’enveloppait dans un présent éternel qui fut scellé par un baiser qui me disait sans mot, je suis avec toi….

 

Depuis ce jour, mon être, mon corps et mon esprit ont compris que quand il y a de la douleur, seul l’ABC me soigne, quand il y a amour, seul l’ABC me permet d’exprimer à l’autre combien je l’aime. Je ne peux concevoir ma vie sans Caresses, Baisers et Abrazos.

 

Le rituel le plus profond que nous passons en tant qu’êtres humains est la naissance et chaque fois que nous dansons l’ABC, abrazos, baisers et caresses, nous vivons une nouvelle naissance aux possibilités nutritives de la vie humaine.

 

Nous vivons dans une société qui promeut le désengagement qui s’exprime par la carence affective où la consommation et la technologie nous amènes à créer des valeurs superficielles, de faux besoins pour vivre. Des informations sur l’insécurité et la violence nous frappent à chaque instant.

 

En général, quand on parle aux personnes de la vie, il semblerait que vivre soit un acte routinier et que tout ce à quoi on aspire sera pour une prochaine vie. Beaucoup de personnes expriment qu’il n’y a pas de temps pour l’amour, que ceci est pour les hippies. De plus, devant l’idée d’étreindre un inconnu apparaissent des sourires presque moqueurs, en oubliant qu’un abrazo est l’opportunité cosmique de sentir que je suis l’autre, que nous sommes un.

 

Rolando Toro nous disait toujours : « Il ne suffit pas de survivre, il faut se décider à vivre ».

 

Quand j’ai commencé à faire de la Biodanza, j’écoutais avec beaucoup d’attention Raul Terrén qui disait que : « Vivre est un défi constant pour pouvoir être sensible à l’extraordinaire : le rire des enfants, les baisers, les abrazos, les orgasmes, cuisiner, dormir, travailler, parler avec un ami, en résumé, nous avons besoin de courage pour nous décider à être sensibles à l’extraordinaire. »

 

Je sens que vivre de façon extraordinaire et prendre l’ABC comme principaux domaines d’action n’est pas seulement un conte de fées, ni une proposition de quelques fous heureux. C’est célébrer d’être vivant avec splendeur et avoir du courage, comme un acte d’amour pour prendre soin de la vie. C’est revenir à la sacralité où regarder ou se donner la main sont une manifestation de la plus grande valeur de l’existence.

 

Le contact permet la connexion avec l’énergie de la vie qui est de nature cosmique et dont la répercussion sur les personnes qui participent a des effets multiples, des réactions biochimiques et bioélectriques des neurotransmetteurs, dans les processus d’interaction neurologique, jusqu’à la fécondation de la vie avec la vie.

 

Le contact est l’action thérapeutique la plus importante. Rolando Toro Araneda soutenait que tout corps qui n’est pas caressé commence à mourir. Le contact et les caresses ont des effets émotionnels et viscéraux sur notre corps, sur la totalité de notre être. Quand une personne se sent caressée et désirée par l’autre, elle renforce un sentiment d’estime de soi essentiel.

 

L’O.M.S (Organisation Mondiale de la Santé) affirme que plus de 90% des maladies physiques sont d’origine psychosomatique, c’est-à-dire dérivées de problèmes émotionnels. Nous pourrions parler de maladies de la civilisation.

 

Une étude réalisée aux Etats-Unis a révélé que les bébés prématurés qui recevaient trois caresses par jour libéraient des hormones de croissance, lesquels favorisent l’absorbions des aliments ingérés, stimulant l’augmentation du poids jusqu’à 49%. Il fut également observé que la sécrétion d’endorphine et de sérotonine (entre autres substances) augmentait, toutes deux liées à l’état de bien-être de l’être humain.

 

Nous voyons que la science aujourd’hui est aussi en train de récupérer l’ABC comme la « vitamine » essentielle pour le développement de l’identité humaine.

 

Chaque cérémonie de Biodanza est un activateur des aspects sains de la personne, ses outils sont la musique et la danse, un autre de ses pouvoirs est la Caresse comme un acte intime de reconnaissance et de valorisation de la personne comme un tout. Par le Principe Biocentrique qui récupère la valeur de la vie et la met au centre, chaque atelier est une permission pour célébrer l’existence : avec des abrazos, des baisers et des caresses, parce que ce sont des gestes de lien qui, donnés et reçus avec désir et tendresse, sont la source de santé la plus importante qu’un être humain peut avoir.

 

Reynaldo Sietecase dit : « Les caresses sauvent les mains de leur fonction d’outil. Les baisers font que la bouche ne soit pas seulement un trou. Ensemble, baisers et caresses nous font quitter la vulgarité du quotidien. Les caresses sont la prière du corps. Les baisers, l’action la plus transcendante de la manifestation de l’humain. »

 

Je termine en vous partageant ma sensation émue que de semer Abrazos, Baisers et Caresses est une des actions les plus radicalement transformatrices de notre culture, c’est l’ABC avec lequel la Biodanza nourrit essentiellement la Vie. Et je remercie profondément notre bien-aimé Rolando Toro Araneda pour ce merveilleux legs, pour ce trésor cosmique qui, dans chaque rencontre humaine, nous permet d’honorer la vie ;

 

Merci.

 
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Article du mois de mai 2016
 

Les 7 valeurs ré-évolutionnaires par Leo do Mundo

 

Au moment de la présentation de ma monographie Biodanza, un chemin vers la nouvelle humanité, j’ai voulu partager un point de vue sur le système Biodanza. Un regard qui nous invite à contempler la grandeur de cette œuvre. Les 7 valeurs ré-évolutionnaires de la Biodanza me sont apparues quand je me suis demandé : qu’est-ce qui fait que la Biodanza soit un chemin si important ?

 

Les 7 valeurs ré-évolutionnaires sont des caractéristiques du système et sa méthodologie est simple, géniale et universelle dans le contexte historique de changement dans lequel nous sommes aujourd’hui. Un regard qui cherche à faire ressortir les nombreuses possibilités que nous offre cet outil.

 

Il y a des détails qui font de la Biodanza un chemin grandiose, une expérience que je désire que vive tout être humain qui souhaite un changement dans le monde.

 

La Biodanza est une vraie œuvre magistrale.

Un plan divin, une pièce de tissu cosmique.

Un bijou vivant révolutionnaire.

Bio-danse l’humanité.

Un message cosmique de conscience et d’espoir. La poésie de la vie.

Biodanza est Vie Pure !

Nous ne sommes pas encore conscients du bijou que nous avons dans nos mains.

 

LES 7 VALEURS RE-EVOLUTIONNAIRES DE LA BIODANZA

 

1.   1. A partir de la joie de vivre

La Biodanza travaille à partir de la sensation d’être vivant, ici et maintenant. Ceci est la base de la Biodanza, la stratégie primordiale : éveiller la joie de vivre.

 

Dans un contexte d’angoisse, de tristesse, de désespoir, ce chemin nous connecte à la joie d’être vivant. Sans châtiments, sans souffrance, sans culpabilité. Un chemin pour apprendre tout en savourant et savourer tout en apprenant. Notre méthodologie dépasse la majorité des thérapies. Au lieu de chercher le conflit nous stimulons la partie saine des personnes. Les personnes qui commencent à danser, commencent en peu de temps à se sentir mieux. A partir de ce bien-être commence leur processus de développement existentiel. Nous faisons confiance aux forces primordiales de la vie. Un chemin spirituel où on travaille en célébrant la vie et la rencontre humaine.

 

2.   2. Pour tous et avec tous

La grande majorité des chemins spirituels de développement existentiel ou thérapeutique sont dirigés vers de petits groupes de personnes. Seul un petit nombre y a accès.

 

Ce n’est pas seulement le facteur économique qui détermine ces minorités, mais les caractéristiques propres au chemin. La Biodanza est avec tous et pour tous. Hommes, femmes, enfants, personnes âgées, n’importe où dans le monde, avec n’importe quelle idéologie et n’importe quelle religion, tous peuvent danser. Tous peuvent donner et recevoir de l’amour. Il ne faut rien savoir, ni appartenir à aucun côté. Nous sommes en famille, tous frères.

 

La Biodanza célèbre la diversité humaine. Peu importe notre couleur, nos habits ou nos croyances ; nous sommes bien reçus dans une ronde. La Biodanza est dans ce sens un langage universel de rencontre humaine. Une possibilité que nous avons tous pour nous connecter au sacré de la vie. Alors que d’autres chemins nous séparent, la Biodanza nous intègre.

 

3.   3. Processus de connaissance de soi

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde » Gandhi.

 

La proposition de la Biodanza est de faire un processus personnel. Nous rendre chacun responsable de notre vie. A partir de la joie de vivre, chacun à son rythme et dans un espace de permission et de liberté, est conscient que l’unique vrai changement commence par soi-même.

 

Entrer dans la danse de la vie nous permet de connecter avec notre essence et développer nos potentiels, comprendre que chacun a sa propre danse qui le rend unique et spécial.

 

Tandis que nous développons la capacité de nous mettre à la place de l’autre, d’être amoureux, tolérant et compassionnel, le changement externe, visible dans notre entourage et nos liens n’est qu’une conséquence de ce changement interne.

 

La politique actuelle, les mouvements sociaux de lutte et les religions ne conduisent pas à la nouvelle humanité, ils ne sont pas non plus révolutionnaires, si certains ne l’ont jamais été. Ils sont au contraire des chemins pleins de contradictions et de mensonges, obsolètes dans leur forme et, le pire de tout, fonctionnels dans le système qu’ils veulent en principe modifier !

 

Leur recette c’est entrer en compétition et juger. Ils alimentent la haine et la séparation. Ce sont des chemins pour la dissociation. Il est temps de comprendre que certains chemins n’ont pas fonctionné comme on l’attendait. Il n’y a pas de sens à continuer à « lutter » pour changer l’extérieur ! Il est temps de nous changer nous. Chacun de nous doit changer : ça c’est la nouvelle humanité. Quand le militantisme politique est haine, séparation et ennemis, le chemin Biodansant est amour, unité et beaucoup d’amis. Des amis qui sont des frères.

 

4.   4. Intégration des chemins

La Biodanza nous permet de vivre le contenu théorique d’une grande variété de chemins. C’est ainsi parce que la Biodanza est essentiellement une intégration de chemins : danses d’eutonie, Tai Chi, danses africaines, mythologie grecque, hindouisme, les éléments de la terre, les animaux de pouvoir et beaucoup plus ! Rolando, dans sa danse de la création, s’est servi aussi des vérités que d’autres êtres précieux avaient trouvés, et il les a intégrés.

 

La Biodanza est la possibilité de danser le livre de la connaissance universelle.

 

Nous vivons à une époque où la survie de l’espèce dépend peut-être de notre capacité d’intégration. La Biodanza est un système qui est vivant et en mouvement, notre proposition est d’avancer avec intégration.

 

Toutes les vérités universelles sont exprimées dans la danse de la vie.

 

5.   5. Permission pour vivre

La Biodanza donne la permission pour vivre, pour exprimer ce que nous sentons, pour dire la vérité, pour être. Il ne sert à rien de nier notre colère en croyant que « se mettre en colère n’est pas bien ». Il n’y a pas de bien ou mal, ce qui est là, dès que possible, exprimons-le, ainsi nous nous libérons.

 

Dans une culture où nous vivons en montrant du doigt, en critiquant, en dépréciant, en disqualifiant, la Biodanza nous stimule à nous exprimer, à nous montrer tel que nous sommes, à nous accepter. Elle nous donne la permission et la confiance pour vivre. Nous n’avons pas besoin d’être guidé par les écritures sacrées. Nous avons besoin de nous reconnaître, de nous valoriser et de réaffirmer notre identité. Parvenir à ce que chacun de nous récite sa poésie, chante sa chanson. Selon les peuples originels, l’expression de notre essence est une médecine pour tous les autres.

 

6.   6. Chemin vivenciel

Rolando dit : « Rendre conscient les conflits inconscients ne change pas la situation. Ce qui change la situation est la vivencia. La vivencia est un phénomène non seulement de certaines cellules du cortex frontal du cerveau mais de tout notre corps ».

 

La méthodologie vivencielle permet que chaque personne apprenne à son rythme, à partir de ses possibilités. Rappelons-nous que la Biodanza est un système de réapprentissage. Rolando est avant tout un maître d’école. A la différence de ce qui se passe dans un environnement d’éducation traditionnelle, ici il n’y a pas de contenus que le facilitateur transmet, ni des cours qui peuvent se répéter.

 

Le phénomène d’apprentissage se passe en mouvement, comme la vie. Chaque vivencia est unique et irremplaçable. Nous créons un environnement enrichi où le facilitateur induit des vivencias intégrantes.

 

Le processus de transformation en Biodanza a une qualité miraculeuse. D’abord arrivent les changements, ensuite nous en sommes conscients.

 

Rolando ajoute : « Je crois donc qu’il faut travailler dans la vivencia, essentiellement afin de produire des changements. Je connais à fond mes propres conflits et je ne change pas. Mais quand il m’arrive un tremblement de terre intérieur, le changement est spectaculaire. »

 

7.   7. Art avec science

La Biodanza est une œuvre d’art. Un acte poétique pour la guérison de la planète.

 

Quand les participants demandaient à Rolando qu’il écrive plus sur la Biodanza, il leur disait : « La Biodanza est poésie, cherchez dans mes poésie si vous souhaitez savoir plus sur la Biodanza ».

 

La Biodanza est la création d’un poète qui a publié au moins 7 livres de poésies.

 

Et le travail du facilitateur de Biodanza est artistique. Nous sommes des éveilleurs de conscience.

 

La Biodanza est un outil artistique capable de nous conduire au prochain échelon évolutif.

 

« Comme une couche de l’intelligence cosmique, la dimension de l’art utilise les êtres humains comme des médiums pour faire évoluer la conscience à des étapes toujours plus élevées. » VV et RR.

 
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Article du mois de juin 2016
 

Une création de la nature pour se transformer soi-même par Valentino Terrén Toro

 

Lire ce titre c’est participer à la conversation de la nature avec la nature. Je suis une expression de la nature et vous lecteurs êtes une autre expression de la nature.

 

Ce n’est pas moi qui converse avec vous, mais la nature converse avec la nature, sur la nature (parce que nous parlons de nous-même) et dans la nature (parce que nous sommes toujours immergés en elle). Parler de l’homme – nature comme des phénomènes séparés est un fort préjugé qui détruit la capacité de l’être humain à se sentir partie intégrante du cosmos. C’est un préjugé qui organise tous les processus perceptifs de l’organisme, un préjugé qui fabrique sans cesse la sensation vivencielle de la séparation et la distance avec tout ce qui t’entoure. Un esprit capable de renverser une telle aberration psychologique parvient à une reconnexion vivencielle avec tout ce qui existe. Nous faisons partie intrinsèque de l’univers et nous sommes littéralement intégrés en lui. Notre constitution de base est les atomes et ils sont présents dans la composition de la totalité. Ainsi, notre nouvelle vision doit nous montrer que nous sommes de petits cumulus du cosmos, des expressions de la nature capables de percevoir notre propre nature et, grâce à cette perception, de générer les changements opportuns pour la pleine expression de nous-même. Jusqu’ici ce texte se révèle déjà comme une découverte que la nature a faite et qui prétend la partager avec le reste des parties d’elle-même soit les lecteurs.

 

Avec ceci, je souhaite dire que l’esprit de l’humanité est une unité. Mon esprit n’est pas mon esprit mais une partie d’un même esprit global. Ainsi, l’esprit est une unité distribuée à 7 milliards de régions (nombre d’habitants sur la planète Terre), chaque région correspondant à un être humain. L’esprit est un système omniprésent capable d’avoir de multiples perspectives et plus précisément des perspectives relatives à chaque homme. L’esprit conscient de l’espèce humaine est un unique dispositif déployé dans le monde entier. Et je me risque à affirmer qu’il est né pour générer un processus de transformation à l’intérieur de son propre organisme. L’esprit est un système d’auto-perception où les sens tournent à 180° pour se regarder eux-mêmes.

 

Ainsi, la Biodanza peut se voir comme une création de la nature (dans ce cas la nature a été Rolando Toro Araneda) qui a pour objectif de transformer la nature ; parce que dans les sessions de Biodanza les êtres humains changent de façon substantielle. Ils changent de pensée, de sentiment, d’action. Les personnes déclenchent une transmutation structurelle dans leurs propres processus physiologiques et psychologiques.

 

L’être humain est une espèce dont la caractéristique la plus distincte réside dans sa propriété de changer sa propre humanité. Nous les humains pouvons êtres autres. Nous pouvons, grâce à l’auto-perception, être littéralement une autre espèce avec un autre comportement. Les instincts et les impulsions premières comme le territorialisme, la tendance à l’organisation en hiérarchies, la compétence, les soifs de pouvoir, peuvent se transformer. Ce sont des phénomènes primitifs qui ont eu leur place dans le développement évolutif de l’humanité et qui furent nécessaires pour notre survie, mais qui, aujourd’hui, grâce à l’intelligence affective et contemplative de l’esprit conscient, comme une nouvelle faculté naturelle qu’a développé le cerveau, sont devenus obsolètes, incongrues et inefficaces.

 

Chaque être humain de la planète est une source de sagesse illimitée et c’est dans notre propre sanctuaire naturel que nous devons chercher les réponses pour changer, pour chercher la plénitude, le bonheur et la joie.

 

La Biodanza est un espace de permission pour l’expression totale de la nature, pour ton expression maximale, pour ta reconnexion avec la vie et avec la grandeur. La nature a inventé un système basé sur la rencontre d’êtres naturels pour produire sa propre métamorphose, profites-en ! Tu es la nature, il n’y a pas de temps à perdre !

 

 

N.B. Quand je fais référence à l’esprit conscient je ne me réfère pas à notre capacité rationnelle. Merci de ne pas confondre, l’esprit est beaucoup plus que cela. L’esprit est le nouveau mécanisme que le cosmos a désigné pour mettre en œuvre et optimiser sa propre énergie. Nous gaspillons encore d’énormes quantités d’énergies en maintenant les divisions rationnelles parce que nous ne nous sommes pas encore rendu compte qu’il y a de la nourriture, un abri et des ressources pour tout le monde. L’esprit est né pour comprendre le monde, l’unifier et l’harmoniser.

 

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Article du mois de juillet-août 2016
 

Les liens: un mode d'affection qui facilite la rencontre par Angeles Gonzalez

 

Si nous nous concevons comme des êtres dépendants (de l’oxygène, de la nourriture, de l’eau, du repos etc.), avec une « possibilité d’autonomie », dans la complexité que nous sommes, l’idée d’indépendance diminue. Comprenons que tout est entremêlé, rattaché, relié, connecté avec le tout… .

 

Cette perception – notion-idée apparaît et disparaît dans notre compréhension influencée par les moments existentiels (sentiments, émotions, états d’âme) que nous sommes en train de traverser à l’intérieur ainsi que par les affections de l’écosystème, climatiques, sociales, politiques, etc. d’ordre extérieur.

 

Nous avons besoin de nous rappeler la différence entre relation et lien.

 

Relation : c’est la correspondance d’une chose ou d’une personne avec une autre. Le mode relationnel est un mécanisme et l’instrument est toujours externe, déjà donné à priori. Exemple : la relation père et fils définie par un code légal ne garantit pas le lien.

 

Lien : c’est l’union d’une chose avec une autre.

 

Le mode spécifique de la dynamique du lien est de créer tout ce qui existe dans un flux perpétuel et de permettre la régulation permanente.

 

La fonction est de cultiver la puissance d’affecter et d’être affecté, il n’y a pas un outil unique.

 

Le lien est union, échange, respect et préservation de la vie sous toutes ses formes, confiance, acceptation de la différence (friction, bruit), à la base de l’empathie, l’éthique, l’équité.

 

Dans la culture prévalent deux modes relationnels : sympathie (ce qui me plaît) et antipathie (ce qui me déplaît). L’empathie n’est presque pas présente, cette merveilleuse qualité de connexion qui ne s’arrête pas aux formes, catégories, statuts et résonne avec la puissance de ce qui nous entoure, la nature, les animaux, les êtres humains, l’univers… .

 

Une des pires dissociations dans le micro et le macro ordre du lien « c’est l’absence d’empathie » qui est aussi la source de nos plus grandes souffrances au niveau social et individuel, c’est ce qui rend l’écosystème vulnérable, qui accentue la vision anthropocentrique et non biocentrique (respect et soin de la vie sous toutes ses formes).

 

Ainsi nous parlons de :

 

Empathie : qui est connexion et résonance.

 

Ethique : avec les principes de base et du quotidien.

 

Je ne fais pas à moi ni aux autres ce que je ne veux pas que l’on me fasse.

 

Je ne demande pas que l’on fasse pour moi ce que je ne fais pas pour les autres.

 

Je m’occupe de ce que je vois.

 

Equité : même quantité, entrée et sortie justes, accords avec les bénéfices pour les deux parties.

 

Dans la tension insoluble de vivre apparaissent sûrement des difficultés, des désaccords, des à priori, des catégories, notre regard est de les transformer en défis, jeux, possibilités et non en obstacles.

 

Nous sommes des êtres grégaires, relationnels, en lien, des êtres de rituels que nous négligeons et nous sommes affectés par tout ce qui nous entoure. Des êtres amoureux, affectifs, avec une énorme capacité de tendresse. Et si souvent nous ne la pratiquons pas c’est par analphabétisme affectif, par ignorance, par dommages culturels, parentaux, primaires, par peur de l’intimité émotionnelle et par limites éducatives.

 

Ainsi, une façon de marcher vers la plénitude jusqu’à 108 ans (ou jusqu’à quand chacun désire vivre) est d’avancer amoureux de la vie, en respectant les sensations du cœur, les courages de l’esprit et la sagesse de l’âme.

 

Pour que cela ne nous semble pas inaccessible, nous pouvons tout et tous ensemble :

            Accepter sans restriction ce que nous sentons

            Connecter et aimer quelle que soit la forme

            Donner et recevoir avec tendresse et affectivité

            Cultiver l’érotisme, la joie, la légèreté, le jeu et la créativité

            Etre solidaires, présents, en résonance

            Avoir une grande dose de patience et de respect

            Devenir fou tour à tour

 

Tout ceci n’est sans doute rien d’autre que l’Empathie, un grand secret de la rencontre humaine, sa culture est ce qui nous fera fleurir et j’ai l’intuition en tant que biodanseur que cela a été la sève du merveilleux système créé par Rolando Toro Araneda.

 

Dans l’amour nous nous rencontrons toujours.

 

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Article du mois de septembre 2016
 

Nouveaux paradigmes en éducation par Jorge Terrén

L’importance de la vivencia

Le processus éducatif seul se réalise systémiquement chez l’individu, pour qu’un apprentissage se passe, il faut que LE CORPS ENTIER APPRENNE.

Le livre de la vie n’est pas écrit sur des feuilles de papier, mais avec des VIVENCIAS, pour pouvoir le lire il faut vivre, sentir la vie, nous sentir vivant.

Avec la Biodanza, nous proposons comme stratégie pour récupérer ce lien perdu la création d’un environnement enrichi en possibilités de façon à ce que LA VIE SE PRESENTE.

Ce qui ne s’apprend qu’avec la tête est de l’INFORMATION, ce que nous apprenons avec tout le corps est de la connaissance.

Nous croyons qu’il faut éduquer pour vivre avec harmonie, non pour l’excellence conceptuelle.

INFORMATION est ce qui s’apprend seulement avec la raison.

CONNAISSANCE est ce qui s’apprend avec tout le corps.

SAGESSE est la connexion avec la vie.

On n’éduque pas que de façon théorique. Les théoriciens étaient les observateurs dans le théâtre grec. La figure de l'observateur doit changer pour celle du PARTICIPANT.

Le processus de conscientisation n’est pas donné par l’autre. CE N’EST PAS ENSEIGNE, C’EST SEULEMENT APPRIS.

Eduquer dans un environnement enrichi

Nous devons créer des conditions pour apprendre et non imposer des directions.

Cela veut dire offrir beaucoup de possibilités, beaucoup de stimulations et permettre que l’élève choisisse laquelle d’entre elles il va utiliser pour son évolution.

Les éducateurs nous stimulent et ceux qui sont éduqués réagissent de façon auto-organisationnelle à ces stimuli.

Auto-organisation est la capacité de ceux qu’on éduque à ordonner leurs propres expériences et ainsi de grandir.

Si nous allons parler de la vie nous devons modifier le point de vue à partir duquel nos élèves perçoivent, sortir d’un état de conscience ordinaire, créer un environnement de possibilités de magie, de mystère. C’est cette incertitude qui va permettre à l’élève de sortir du confort de l’autorégulation et entrer dans la zone de pénombre qui permet sa propre créativité.

Il n’y a pas d’évolution individuelle, il y a CO-EVOLUTION avec le milieu ambiant.

Ainsi, si nous changeons le milieu ambiant, nous changeons l’évolution. Par exemple, passer de la critique à la qualification, du répresseur au permissif. Si nous donnons plus de liberté, de joie et d’affect, on éveille d’autres fonctions chez ceux que nous éduquons.

Il me semble difficile de croire qu’il puisse avoir accès à la connaissance sans l’affectivité.

L’EDUCATION DOIT ËTRE FAITE AVEC AMOUR.

L’amour est la force qui unit, qui relie.

Notre monde est « notre vision du monde ».

« Nous voyons ce que nous connaissons » et pour cela, si nous enseignons avec amour, nos élèves illumineront l’amour dans le monde et le verront.

Le changement de regard, de la critique constructive à l’acceptation amoureuse

L’erreur n’existe pas dans le processus d’apprentissage.

L’erreur est la condition de la réussite, son chemin.

Si nous regardons notre vie, nous avons souvent plus appris avec nos erreurs qu’avec nos réussites, il y a même une phrase qui dit : « L’expérience est la somme des erreurs commises ».

Nous les éducateurs avons besoin de « changer notre regard ». Il doit être une « acceptation amoureuse » dixit Ricardo Klein.

La critique constructive est seulement un prétexte qui cache la recherche de fautes.

Enseigner n’est pas corriger

Il doit y avoir une interaction, élèves et didacticiens travaillent ensemble dans le processus éducatif, personnel et empathique. La connaissance se « construit » avec cet ensemble.

Le défi est d’éliminer la pression que subissent les élèves pour atteindre les objectifs et développer le PLAISIR DE LA DECOUVERTE.

On a pensé à l’apprenant comme à quelque chose de vide qui doit être rempli en lui donnant ce qu’il n’a pas et IL EST EDUQUE DEPUIS L’EXTERIEUR.

Il faut mettre l’accent sur l’apprentissage de l’apprenant plus que sur le professeur et son enseignement.

Nous devons potentialiser le positif plus que corriger le négatif.

Il faut potentialiser les maîtrises personnelles, en créant un environnement pour que l’élève exprime ce qu’il a à l’intérieur. LE DIDACTICIEN EST UN GUIDE QUI ACCOMPAGNE. Il ne peut amener les personnes que là où il est déjà allé. Ainsi, la vivencia du didacticien en tant qu’élève est très importante. (Ne pas se cacher en étant professeur par peur d’être élève).

Apprendre à sentir le monde

La réalité est une sensation, elle sort de l’intérieur.

D’abord on apprend vivenciellement et ensuite on élabore cognitivement.

Les activités scolaires doivent être « savourées », la sagesse a à voir avec la saveur plus qu’avec le savoir.

Les élèves doivent SOUPIRER, AHHH ! ENTENDU (Pédagogie du soupir).

En tant que didacticiens, il est préférable d’aider ceux qu’on éduque à SE DECIDER A ETRE (chemin ontologique) et à le laisser SE FONDRE DANS LA CONNAISSANCE (chemin épistémologique).

Quand nous parlons de vie, nous parlons de réseaux

Enseigner à rétablir des liens, créer des réseaux affectifs qui te soutiennent.

Avoir des amis est un acte évolutif.

Francisco Varela a défini l’intelligence comme la capacité d’entrer dans un monde partagé.

Nous avons perdu la connexion à la vie, depuis que la science l’étudie à partir de l’objectivité.

Nous devons donc récupérer cette connexion. Nous devons nous connecter à l’éducation avec la vie.

 

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Article du mois d'octobre 2016
 

L'affectivité, un chemin d'apprentissage par Betina Galante

 

La première fois que j’ai entendu le concept d’affectivité en Biodanza – qui est un état d’affinité profonde envers les autres êtres humains – quelque chose de profond a résonné en moi et m’a incité à poursuivre en approfondissant ce concept. Comme disait Rolando : « notre identité se révèle en présence de l’autre », nous sommes des êtres relationnels et reliés.

 

Je pars de là pour faire référence à comment nous créons les liens et comment nous nous mettons en relation avec les personnes. Avec chacune d’elles il y a une relation et une communication. Nous, comme les autres, ici et maintenant, sommes responsables d’alimenter un lien sain et adulte qui crée de la tendresse, du respect et de la qualification. Ceci nous permet d’être et de faire avec plus de liberté.

 

Ce qui nous arrive donc depuis touts petits et au cours de notre croissance tout au long de la vie c’est la réception de messages positifs ou négatifs. Par exemple, des phrases telles que : « Tu peux » ou « Que c’est beau ce que tu as fait ! »

 

Tous ces messages renforcent l’identité et l’affectivité se potentialise. Dans le cas contraire, quand on a reçu des messages de disqualification comme par exemple, « Quel imbécile tu fais ! », « Tu es un idiot ! » notre identité s’affaiblit ou se déforme.

 

Combien de fois nous sommes-nous répété ces mots à nous-mêmes ? Comme disait Rolando Toro, la disqualification « est une mort ontologique de l’Etre » et pourquoi je mentionne ceci ? Pour que nous nous rendions compte combien de fois nous entrons dans des circuits toxiques avec nos relations  en ayant plus d’un message négatif incorporé en nous.

 

Ainsi, il est important de prendre conscience de comment nous nous exprimons tant verbalement que gestuellement. Le message du mot comme du geste entre par différents sens qui inhibent ou exalte la possibilité de la construction affective avec nous-mêmes et avec les autres. L’identité est en continue transformation et c’est un pilier fondamental de l’affectivité. Comparons un sourire, un regard doux ou un geste critique, Comment nous influencent-ils ?

 

Il faut être prudent de la façon dont nous nous exprimons et avancer en redessinant un nouveau circuit de soin, de nutrition, car ce que nous offrons est le produit de ce qui est installé en nous. Personne ne donne quelque chose qu’il ne cultive pour l’autre, et nous entrons dans ces circuits toxiques installés : je donne pour recevoir et je ne donne pas parce qu’ils ne me donnent pas, et nous continuons ainsi en mettant dehors ou chez l’autre. Aucune de ces possibilités ne sont réelles, avec le temps elles tombent de ne pas avoir une construction authentique de lien. Par nécessité et à cause de nos manques, nous générons des relations irrégulières.

 

L’humilité de nous savoir humains et en apprentissage est une possibilité pour traverser les peurs de nous sentir non aimés et non choisis, Combien de fois nous fermons-nous devant les douleurs et les pertes ? En revenant à écouter notre cœur, en prenant courage, en nous allons nous ouvrir de nouveau, en transformant avec une énergie amoureuse et lumineuse, comme quand nous sommes nés sans contamination.

 

Rien n’est magique, c’est un chemin d’évolution et de construction permanente, d’engagement personnel et progressif, comme dans tout processus. Par la thérapie (clinique) d’autres techniques thérapeutiques ou spécifiquement de la Biodanza qui nous invite à faire un chemin de rencontre les uns avec les autres, l’affectivité nous sert comme un utérus qui nous ramène à alimenter et nourrir la vie. Elle nous offre la qualification (existence), la protection, le soin et le respect qui est une connexion profonde avec la vie et l’entourage relationnel.

 

Quand nous parlons de rencontre en Biodanza, cela nous ouvre à la possibilité de récupérer le primordial, le lien affectif, nous apprenons à écouter l’autre et à ce qu’il nous écoute, à avoir du feedback, à être progressif (que notre anxiété ne soient pas le guide), que la réciprocité soit possible.

 

C’est marcher avec l’autre et les liens affectifs vont se créer, en récupérant l’authenticité, en qualifiant avec soin, en permettant la confiance et un abandon affectif. C’est partager et ne pas être en compétition. Ainsi surgit en nous un être plus authentique  et plus vrai qui peut s’exprimer avec liberté et avec amour.

 

L’affectivité nous donne la possibilité d’exprimer notre identité : penser, sentir et faire intégralement ici et maintenant un chemin d’apprentissage avec nous-mêmes et avec les autres.

 

L’amour alimente l’évolution de la vie et en prend soin, c’est un chemin sain.

 

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Article du mois de novembre 2016
 

Biodanza pour les enfants par Carla Guzzardo, Alejandra Formés, Florencia Salerno

 

La Biodanza travaille avec les parties saines et lumineuses de l’être humain, en les nourrissant et les potentialisant. Son approche, contrairement à notre culture, n’est pas la carence, ce qui nous manque ; mais le positif, tout ce que nous avons pour nous sentir heureux et profiter de la vie.

Par des musiques et des consignes, on crée un milieu adéquat pour que l’enfant exprime le meilleur de lui, découvre ses potentiels occultes, retrouve sa vraie nature et ceci avec les autres. Nous parlons ici d’un environnement enrichi, où les potentiels génétiques peuvent se développer et s’exprimer librement.

Les états de bien-être que produisent la musique, le mouvement senti et la rencontre se répercutent positivement sur les systèmes immunologique, physiologique, nerveux, psychologique et éveillent un sens profond de valorisation et de sacralité de la vie.

Dans ce système, le groupe est fondamental car il agit comme une matrice affective de contenant et de valorisation où chacun peut se montrer tel qu’il est et s’exprimer librement.

Chaque séance est un nouveau chemin pour apprendre à profiter du rire, du jeu, du chant, du mouvement du corps, pour interpréter différents rôles, se relaxer, se connecter à son intériorité, se lier affectivement avec ses compagnons et exprimer par la danse et par l’art plastique la vivencia intériorisée. Dans une session de Biodanza, nous réalisons des danses tournées vers l’action, le jeu, l’expression, qui renforcent l’identité de l’enfant ; il y a aussi celles qui facilitent la relaxation, le silence, le contact avec l’intériorité et la profondeur.

A la fin des danses, l’enfant reste sensible et ouvert à profiter de l’activité créatrice.

Pour cette raison, dans les sessions de Biodanza pour enfants, nous intégrons la musique, le mouvement et l’art pour qu’ils puissent exprimer leurs émotions.

L’art est une activité dynamique et unificatrice pour l’enfant, où se réunissent différents éléments de son expérience afin de former un tout avec une nouvelle signification.

Dans ce processus de choisir, interpréter et reformer ces éléments, l’enfant nous montre une partie de lui-même : comment il voit, comment il sent et comment il pense.

Au cours du temps, on perçoit tant le processus individuel de chaque enfant que le processus groupal. Individuellement, au niveau moteur, l’enfant acquiert le rythme, la synergie, la coordination, l’élasticité, l’élongation et l’agilité que chaque danse propose. Nous notons aussi la confiance qui s’exprime par son corps dès que le mouvement s’intègre à l’affectivité. Progressivement, il dépasse des états tels que l’anxiété, la timidité, la rigidité, la peur, etc. ; en se montrant plus sûr, plus décidé, plus démonstratif, en s’appropriant et en valorisant ses propres ressources et potentialités. Il choisit les danses qui lui plaisent le plus en les faisant avec plus de fluidité et d’abandon.

Dans le processus groupal, l’appartenance et l’importance de chacun comme partie fondamentale du tout deviennent évidentes : arriver et se saluer avec un baiser, apporter des choses pour partager avec les autres, raconter ses activités quotidiennes sans honte, demander de commencer les danses et s’intégrer de façon homogène.

Nous avons pleinement confiance en ce processus qui guérit profondément nos vies et cela nous remplit de joie de pouvoir le partager avec les enfants, avec le futur de notre humanité.

 

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Article du mois de décembre 2016
 

Sexualité adulte et Biodanza par Emlise Pola

 

La complexité des comportements sexuels des humains est le produit de leur culture, leur intelligence et de leurs sociétés complexes. Ils ne sont pas gouvernés entièrement par les instincts comme cela se passe dans presque tous les animaux. Le moteur de base du comportement sexuel humain reste cependant l’instinct, bien que sa forme et son expression dépendent de la culture et des choix personnels, ceux-ci donnant lieu à une gamme très complexe de comportements sexuels, où on peut distinguer des aspects liés à la santé, le plaisir, la légalité, la religion, etc.

 

Le concept de sexualité comprend tant l’impulsion sexuelle dirigée vers le plaisir immédiat et la reproduction que les différents aspects de la relation psychologique avec son propre corps (se sentir homme, femme ou les deux à la fois) et des attentes comportementales de la société.

 

Dans la vie quotidienne, la sexualité remplit un rôle de premier plan, puisque du point de vue émotionnel et de la relation entre les personnes, elle va bien au-delà de la finalité reproductive et des normes ou sanctions qu’impose la société.

 

Pendant des siècles, on a considéré que la sexualité chez les animaux et chez les hommes étaient à la base de type instinctif. Les théories se basaient sur cette croyance pour établir les formes non naturelles de la sexualité, parmi lesquelles il y avait toutes ces pratiques non dirigées vers la procréation. Ceci créa de la discrimination et beaucoup de sentiments d’angoisse.

 

Aujourd’hui, pourtant, on sait que même certains mammifères très développés comme les dauphins, et même des oiseaux comme les pingouins, présentent un comportement sexuel différencié, qui inclut même des formes d’apparente homosexualité, des variantes de la masturbation et même des viols.

 

La psychologie moderne déduit donc que la sexualité peut ou doit être apprise.

 

La psychanalyse isole la notion d’instinct chez l’être humain et considère la sexualité dans un sens plus vaste que génital puisque le désir sexuel humain ne recoupe pas l’instinct de reproduction.

 

Des études récentes sur la sexualité ont démontré que les questions de genre sont de grande importance dans la construction de l’identité personnelle et le développement social de la personne.

 

La sexualité humaine n’a pas besoin seulement de l’instinct et/ou la stéréotypie comportementale, comme les animaux mais est aussi influencée par une grande activité mentale et les caractéristiques sociales, culturelles, éducatives et de régulation de l’environnement où les personnes grandissent et développent leur personnalité. Une étude sérieuse dans le domaine de la sexualité doit se baser sur la convergence des différentes lignes de développement, incluant l’affectivité, les émotions et les relations.

 

Ces lignes de développement, ou potentiels sont à la base de la Biodanza. Dans la dimension sexuelle, personne ne se fixe sur le symptôme (manque de fréquence, érection, orgasme, désir, etc.), mais se focalise sur l’intégration des aspects sains de l’identité pour son bon développement progressif.

 

Un sondage réalisé au Etats-Unis avec 1.000 jeunes de différentes origines sociales, âgés entre 12 et 19 ans, a révélé que presque cinquante pour cent avaient l’habitude d’avoir une activité sexuelle. Plus de vingt pour cent avaient à peine 12 ans. Le psychiatre Dylan Griffiths qui a dirigé la recherche dit : « Les restrictions qu’exercent traditionnellement la famille, l’église et d’autres institutions ont disparu, ce qui laisse les jeunes comme des victimes non protégées. »

 

Une équipe de chercheurs formée par R. Rector, L. Noyes et K. Johnson ont établi en 2003 une relation directe entre être sexuellement actif, la dépression et l’accroissement des tentatives de suicide. Après avoir fait 6500 entretiens, l’équipe est arrivée à la conclusion que « les jeunes filles qui étaient sexuellement actives avaient plus du triple de probabilités de déprimer que celles qui ne l’étaient pas » alors que les jeunes hommes « avaient plus du double de probabilités ».

 

Cette étude fait penser que, si cela arrive aux jeunes, où et comment sont les adultes pour traiter ce thème si délicat et vital ?

 

Le système Biodanza apporte au développement sexuel adulte une activité progressive pédagogique et créative.

 

Les adultes, instituteurs, professeurs et surtout les parents doivent être responsables d’ouvrir un dialogue naturel organique sexuel avec les enfants, ainsi, en grandissant, les jeunes pourront partager ce dialogue et continuer en privé, construisant son identité sexuelle.

 

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