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Articles 2015

 

 

Tous les articles

janvier : Connaissez-vous la Biodanza, méthode qui développe l'affectivité Entretien avec Rolando Toro Araneda
février : Effets de la biodanza sur la fonctionnalité des porteurs de la maladie de Parkinson par Cristina Vannini
mars : Sentir le mystère de la vie par Jorge Terrén
avril : Comment affronter les peurs ? par Emilse Inés Pola
mai :

Le bonheur, une valeur sociale. Le droit biologique au bonheur. Vocation sociale du système Biodanza par Eugenio Pintore

juin : Pourquoi danser? par Myrthes Gonzalez
juillet-août : La récupération du désir de vivre par Ana Maria Alberti et Guillermo Retamosa
septembre : Vivre par Raul Terrén et Véronica Toro
octobre : Développement des personnes dans les organisations. Une vision biocentrique par Gaston Andino
novembre : Une idée de l'écologie humaine par Eni Spode
décembre : Nous sommes tous un par Sanclair Lemos

 

Article du mois de janvier 2015
 

Connaissez-vous la Biodanza, méthode qui développe l'affectivité entretien avec Rolando Toro Araneda

 

Rolando Toro, créateur de la Biodanza, explique pourquoi la manifestation de l’amour est un grand défi pour ce siècle.

Il raconte comment nous pouvons développer notre affectivité et aussi notre potentiel d’amour par le corps, la musique et la danse.

 

Pourquoi vivons-nous dans une société si agressive et si peu nourrissante affectivement ?

Dans le fond, ce que toutes les personnes souhaitent, ce n’est qu’aimer et être aimées. C’est cependant ce qui est aujourd’hui le plus difficile car nous vivons dans une civilisation dans laquelle les émotions et les sentiments sont bloqués. L’intelligence n’est plus liée à l’affectivité et c’est elle qui nous fait nous sentir partie du tout. C’est aussi l’affect qui nous donne la joie de vivre, la sensation de nous sentir vivants, liés à la nature et aux autres êtres humains. C’est pour cela que nous n’avons plus d’émotion quand nous voyons la mort de 100 ou 200 mille personnes dans une guerre.

 

Cette situation ne peut-elle se transformer ?

Si, peu à peu, elle change déjà. Un nouvel homme est né, plus intègre, plus sensible, plus amoureux, qui intègre sans peur son côté féminin à son côté masculin. Il faut cependant une nouvelle éducation, une nouvelle pédagogie pour que ces hommes soient en plus grand nombre, car nous sommes encore peu nombreux. Cette tâche est développée par l’International Biocentric Foundation qui utilise le concept d’amour pour la vie dans la danse (Biodanza) et dans d’autres domaines du développement humain.

 

Comment la Biodanza a-t-elle surgi ?

Ma sensation est d’avoir cherché, pendant de nombreuses années, à travailler sur l’augmentation de l’affectivité chez l’être humain. J’ai perçu que nous vivions dans une société malade, où la vie n’est pas considérée comme sacrée. Les principes idéologiques menacent les relations à la vie qui célèbrent l’amour, la communion avec les semblables, la solidarité. J’ai cherché par de nombreux chemins une façon de faire ce changement qui devait être tant individuel que collectif. Cela semblait être chimérique de rêver de la formation d’un nouvel être humain, mais j’ai toujours été stimulé par l’impossible.

 

Comment fut fait le travail de récupération de mouvements et de danses qui célèbrent la vie dans différentes cultures ?

Les cultures tribales conservent les mouvements naturels, intuitifs, qui expriment les émotions. Avec elles, j’ai appris qu’il existait une espèce de matrice corporelle et gestuelle universelle liée à chacun des sentiments. Les exprimer faisait beaucoup de bien à l’être humain et était une façon splendide d’entrer en contact avec le monde affectif interne et développer ainsi notre affectivité atrophiée. Ma proposition a pour objectif de récupérer la « jungle intérieure » de chacun, car je considère comme nécessaire de voir les manifestations instinctives sous une perspective d’exaltation de la vie et de grâce naturelle.

 

Quelle est la relation entre la vie et l’affectivité ?

L’affectivité est le potentiel inné qui garantit la conservation de la vie. La vie devient sacrée parce que nous aimons. Nous vivons un vide existentiel que nous essayons de remplir par la recherche incessante de jeunesse, de beauté, de confort et de consommation, en nous éloignant beaucoup de l’essentiel qui est la vivencia d’amour, d’union, d’empathie et de solidarité.

 

Celui qui n’a pas reçu d’amour ou de soin pendant l’enfance, par exemple, comment est-il ?

Les personnes adultes qui ont eu une enfance défavorisée peuvent récupérer une bonne partie de leur affect en pratiquant la Biodanza. Il est clair que je ne suis pas objectif pour parler de cela mais je peux affirmer, en toute confiance, que les effets sont extraordinaires.

 

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Article du mois de février 2015
 

Effets de la Biodanza sur la fonctionnalité des porteurs de la maladie de Parkinson par Cristina Vannini

 

La maladie de Parkinson est une maladie neurologique qui affecte les neurones dopaminergiques de la substance noire, pouvant présenter ou non des troubles moteurs.

 

Les symptômes sont des tremblements, la lenteur des mouvements et la rigidité. Ils peuvent aussi être associés à une instabilité posturale, des difficultés à écrire, parler, déglutir. Ils peuvent également développer de l’anxiété, une dépression, un déficit cognitif, des troubles du sommeil et des disfonctionnements olfactifs.

 

Les traitements pharmacologiques et chirurgicaux ne sont pas toujours efficaces. Par ailleurs, la réhabilitation peut être un support thérapeutique excellent en ce qui concerne la fonctionnalité des personnes affectées par cette maladie.

 

Aujourd’hui, on cherche de nouvelles options thérapeutiques complémentaires. La Biodanza peut être un instrument pour stimuler la réappropriation et la légitimation des émotions chez toutes les personnes et en particulier chez les parkinsoniens qui vivent souvent une restriction affective. La Biodanza utilise la musique, la danse et l’intégration groupale pour augmenter l’estime de soi, la vitalité et élever l’état d’âme. Elle renforce l’identité en facilitant la communication entre les personnes.

 

Le projet

L’idée d’un cours pilote de Biodanza pour parkinsoniens est né avec pour objectif de vérifier l’efficacité de la Biodanza en tant que processus thérapeutique complémentaire à la pharmacologie.

 

Grace à une collaboration étroite et utile entre l’association de promotion sociale Il Cerchio della Vita qui se dédie à divulguer la Biodanza et l’association Neuro Care Onlus qui soutient les maladies neurologiques en cherchant un mode de réhabilitation (toutes les deux de Pise – Italie), il fut possible de réaliser un cours de 20 sessions hebdomadaires, conduites par la facilitatrice Cristina Vannini et supervisée par l’équipe médicale du Dr Paolo Bongioanni.

 

Au début et à la fin du cours, des mesures furent prises sur les paramètres moteurs, fonctionnels et psychologiques des patients. Le cours eu lieu de janvier à juin 2011 à Pise – Italie.

 

Il fut possible d’observer une sensible amélioration des conditions cliniques des patients après qu’ils eurent fréquenté le cours, en comparaison avec ce qu’elles étaient avant.

 

Le système Biodanza

La Biodanza est un système d’intégration psychophysique basé sur le mouvement, la musique et l’intégration de groupe. Rolando Toro Araneda, son créateur, fut psychologue et anthropologue chilien. Il a créé les bases méthodologiques en travaillant initialement avec des malades en psychiatrie à l’hôpital de Santiago du Chili.

 

Après plusieurs années d’application dans différents environnements thérapeutiques, il découvrit des effets thérapeutiques sur la maladie de Parkinson. La Biodanza travaille sur la partie saine du patient, non sur le symptôme.

Elle invite à bouger sur l’ « onde » de ses émotions qui sont évoquées par la musique et les exercices proposés. Pour cette raison, le patient bouge stimulé à partir de l’émotion. Ceci le stimule à faire des mouvements complexes en cherchant une adaptation et des gestes qui recherchent la communication relationnelle avec les autres, intégrant de cette manière les structures affectivo-motrices.

 

La proposition de la Biodanza pour les parkinsoniens répond à trois exigences :

 

1.     Amélioration de la motricité et récupération relative de l’autonomie ;

2.     Réduction de l’état dépressif et contrer la démotivation existentielle ;

3.     Réduction de l’anxiété.

 

Dans le cas de maladies dégénératives et progressives comme l’est la maladie de Parkinson, le patient doit affronter au début le traumatisme de la découverte de la maladie et les moments de crises aigües et d’aggravation sont inévitables.

 

La maladie apparaît souvent quand la personne est en âge de travailler et elle peut l’amener à une retraite anticipée et à une inactivité qui peut la marginaliser socialement. La difficulté motrice croissante peut causer la perte de la capacité expressive et la tendance à la dépendance, aspects qui peuvent miner les relations affectives et sociales.

 

Dans certains cas, elle peut amener à une perte d’identité quand la personne n’arrive pas à se reconnaître dans ce nouvel état. Ainsi, avec les parkinsoniens plus qu’avec d’autres personnes, il est fondamental de travailler sur l’identité en renforçant l’estime de soi et la confiance en soi et en la vie.

 

Des habiletés et des dons personnels, inconnus et jamais cultivés, peuvent être découverts à partir du contact avec l’estime de soi et la confiance en la vie, et récupérés grâce aux sessions de Biodanza. La récupération des capacités diminue la dévalorisation personnelle et inverse souvent l’image « malade » par celle de « personne » avec toute la dignité et la confiance que l’être humain mérite.

 

Prendre conscience de sa propre valeur immuable aide à percevoir ses propres limites et accepter la maladie avec plus de sérénité. Ainsi, il est important que se crée dans le groupe un environnement favorable pour que les personnes se sentent accueillies, en confiance et non jugées ; où chaque personne puisse parler librement de ses sentiments.

 

Un environnement différent et enrichi où le participant ne se sente pas destinataire d’une thérapie spécifique pour sa maladie, mais aie conscience de participer à un parcours de croissance personnelle partagé avec d’autres personnes.

 

Il est donc important que participent au cours des personnes accompagnantes qui n’ont pas la maladie, une équipe volontaire et impliquée dans le soutien des patients. Elles apportent avec leur danse des exemples de schémas moteurs éloignés du schéma moteur de la maladie de Parkinson, ce qui stimule de nouvelles possibilités en permettant, par l’interaction, de dépasser la marginalité et la timidité face aux difficultés. La participation des personnes qui vivent quotidiennement avec les patients est fortement encouragée.

 

La Biodanza travaille sur la relation entre les personnes où il n’y a pas seulement un qui donne et l’autre qui reçoit, mais deux personnes qui collaborent avec respect et amour dans une relation toujours plus empathique et accueillante aux nécessités de chacun.

 

Résultats

Après les 20 sessions de Biodanza, 91% présentèrent une meilleure humeur, 87% un meilleur équilibre émotionnel et 62% une réduction des symptômes moteurs (rigidité et tremblement) dans les activités de la vie quotidienne.

 

L’observation des danses était cruciale en lien avec l’hypothèse de l’activation des neurones miroir, principalement quand la personne assistait à la démonstration du facilitateur et réalisait ensuite sa danse.

 

Une autre observation est que l’effet « neurone miroir » semble être plus activé quand le mouvement est perçu comme esthétique.

 

Il est notoire que, chez les parkinsoniens, la stimulation acoustique a une profonde répercussion sur le système moteur en produisant une augmentation de la marche, influençant la vitesse du pas et sa cadence. Elle réduit notablement de cette façon le phénomène appelé « freezing » (où le patient se bloque comme congelé).

 

Il semblerait que les stimuli acoustiques puissent franchir le circuit en mauvais état des noyaux de la base en activant une aire motrice supplémentaire.

 

La Biodanza peut donc être considérée comme un environnement enrichi, capable d’introduire une augmentation de la synthèse des facteurs neurotrophiques qui promeuvent la plasticité neuronale.

 

D’autre part, l’augmentation du niveau de sérotonine induit par la danse, augmente l’activation des systèmes sérotoninergiques, pouvant avoir des effets bénéfiques sur l’humeur des parkinsoniens.

 

Bien que ce soit des études préliminaires, nos observations montrent que la Biodanza peut améliorer la conscience corporelle des personnes affectées par la maladie de Parkinson en augmentant ainsi leur bien-être.

 

Il Cerchio della Vita – www.ilcherchiodellavita.it

NeuroCare – www.neurocare-onlus.it

 

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Article du mois de mars 2015
 

Sentir le mystère de la vie par Jorge Terrén

 

Un nouveau paradigme est un nouveau regard sur de vieilles questions.

 

Dans ce cas : LA VIE.

 

La recherche sur ce thème m’a toujours attiré, je l’ai d’abord fait en tant que scientifique et aujourd’hui en tant que biodanseur.

 

Influencé par un critère d’OBJECTIVITÉ, j’ai considéré la vie comme un objet d’études et, sans m’en rendre compte, je suis resté hors d’elle comme un OBSERVATEUR, j’ai perdu le lien.

 

Aujourd’hui, j’ai changé l’objectivité pour la RELATION, j’ai passé de l’OBSERVATEUR au PARTICIPANT.

 

La vie est un réseau de relations, de liens, rien n’est HORS, tout est connecté.

 

Je crois que la vie n’a pas été créée pour être expliquée (observateur) mais pour être sentie (participant) et nous devons donc changer les outils d’études, de cognitifs à limbiques, de la pensée à la sensation.

 

Un écrivain disait qu’on ne peut parler de Dieu, mais qu’on peut parler avec Dieu. C’est la même chose avec la vie, elle n’est pas un problème à résoudre, mais un mystère à expérimenter.

 

Le livre de la vie n’est pas écrit sur des feuilles de papier mais dans les VIVENCIAS, pour pouvoir le lire il faut vivencier, sentir la vie, nous sentir vivants.

 

Avec la Biodanza, nous proposons comme stratégie pour récupérer ce lien perdu, la création d’un environnement enrichi de possibilités, de sorte que LA VIE SE PRESENTE.

 

L’évolution ne fut jamais isolée, elle est toujours une co-évolution avec le milieu, celui-ci devant changer de répressif à permissif avec l’expression de la vie qui bat en chaque être.

 

La sagesse est biologique, c’est la CONNEXION. La vie nous attend, elle n’a besoin que de stimuli pour apparaître et quand elle émerge, nous la reconnaissons, nous sentons que nous savons ce que c’est, même sans pouvoir la comprendre.

 

Il est évident que nous ne pouvons parler d’elle qu’avec ceux qui se sont décidés à vivre, avec l’attitude humble de reconnaître la profondeur de son mystère qui dépasse toute explication rationnelle.

 

La vie n’a pas réussi à être ordonnée, stable, certaine, avec une cohérence logique, elle se présente toujours magique, aventureuse, instable, mystérieuse et créative.

 

La stratégie de recherche de certitudes n’est pas bonne, je propose de la changer par la danse avec les incertitudes.

 

Cela veut dire de ne pas la contenir pour l’étudier, mais de lui permettre de s’exprimer et de la reconnaître dans sa liberté.

 

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Article du mois d'avril 2015
 

Comment affronter les peurs ? par Emlise Inés Pola

 

L’instance thérapeutique de la Biodanza s’appelle Projet Minotaure.

 

La Biodanza est une proposition pédagogique à partir du langage du corps et de la parole positive. On y découvre des stratégies pour centrer notre identité et chercher à être fidèles à qui nous sommes, en facilitant ainsi le chemin d’une vie remplie.

 

Les potentiels de vie de ceux qui participent à cette proposition commencent à se manifester, l’existence devient plus facile dans ses aspects vital, sexuel, créatif, de lien et de spiritualité, bien au-delà des croyances religieuses de chacun.

 

Rolando Toro a insisté qu’il est très important de promouvoir l’intégration, d’augmenter la confiance en sa propre identité et une façon amoureuse d’entrer en lien avec les autres êtres et le milieu ambiant.

 

Toute intégration et potentiel de vie est cependant retenu et cuirassé par une peur.

 

Jung (concept d’inconscient collectif) a dit dans ses derniers écrits que les générations futures devront continuer sa théorie en donnant corps aux Mythes, et la psychothérapie aura alors sa dimension corporelle.

 

Rolando Toro s’est emparé de ce concept et l’a approfondi avec différents penseurs et hommes de science: Edgar Morin, Mircea Eliade, Lévi-Strauss, Ernst Cassirer, Rupert Sheldrake, Carl Jung, G. Durant, Capra, Freud, Carballo, Maturana, Varela, entre autres.

 

Il a proposé une discipline pour Danser les archétypes, des formes éternelles qui nous connectent avec l’humain, comme un apprentissage de l’espèce.

 

Il s’est demandé comment faire pour que les peurs inconscientes, souvent créées pendant l’étape préverbale, puissent passer à la conscience.

 

Si les émotions ont leur siège dans le système limbique hypothalamique, on peut actualiser et réparer une vivencia pleine de sens actuel, avec une bonne humeur endogène et de la tendresse.

 

Il a trouvé 7 pouvoirs pour y parvenir, la musique, la danse, le groupe, la vivencia, la caresse, la transe, la parole positive, la parole comme poétique de la rencontre humaine.

L’identité comme point de départ : son paradoxe d’être singulier, unique, immuable et qui se trouve en permanente transformation.

 

Il a choisi les cérémonies d’initiation comme mystères de transmutation humaine, inspiré par les études d’anthropologie de l’homme des  premiers temps, comme dans les mystères de la Grèce antique. Dès l’origine de la civilisation, l’homme à cherché différentes manières d’avoir accès à sa réalité essentielle.

 

Comment transcender un état ordinaire de la conscience à un autre qui permet un voyage intérieur vers le monde chaotique et la mort, pour pouvoir renaître à une nouvelle vision ou à une nouvelle forme d’être.

 

Les rites d’initiation de tous les temps ont un caractère de défis dans lesquels la personne entre en contact avec sa propre essence, l’aspect divin de son identité.

 

Le défi représente cette porte obscure, caverne d’obscurité chaotique, pour prendre contact avec l’instinct qui te sauve (Minotaure) pour sortir victorieux en créant la continuité entre la vie et la mort.

 

Cela demande du courage d’affronter le mystère de soi-même. Ces expériences induisent des changements radicaux dans la vision du monde et de la vie. Le Projet Minotaure a été expérimenté, organisé, recréé et systématisé d’abord avec les premiers facilitateurs de Biodanza du monde puis, après réajustements, il devint une formation post-grade en Biodanza.

 

Le système Biodanza s’appuie sur la science nouvelle. La nouvelle biologie englobe un autre paradoxe dans l’organisation de la vie qui réside dans l’union de l’entropie (tendance au désordre et à la désagrégation) et de la néguentropie (complexité et ordre croissant).

 

La « machine » vivante est capable de se régénérer, de reconstruire les éléments qui la détériorent, elle est capable de s’auto-réparer. La logique du vivant (Concept de complexité d’Edgar Morin) se fonde sur un principe, celui de la réorganisation permanente qui inclut une composante indispensable, le désordre sous la forme de hasards, conflits, etc.

 

Le désordre est ambigu parce que, d’une part il représente un des constituants de l’organisation mais est en même temps une menace de désintégration. La menace permanente qui maintient le désordre est ce qui donne à un système son caractère complexe et vivant, de réorganisation permanente.

 

Le Projet Minotaure est cohérent avec cette approche car il stimule ces forces de guérison. Le participant se transforme en protagoniste de sa propre croissance, il observe sa fonction d’auto-guérison, sa sensibilité, la recherche de son organisme vers l’équilibre et le changement.

 

Il assume la proposition de changement à partir de ses conflits, en tant que défis et non en tant qu’entraves ou blocages.

 

Les notions d’archétype et de divinité sont très reliées selon Mircea Eliade. En effet, « le mythe révèle avec une très grande profondeur ce qui serait impossible à révéler par une expérience rationnelle : la structure même de la divinité qui se situe au-dessus des attributs et réunit les contraires. La fonction du mythe est de fixer des modèles exemplaires de tous les rites et de toutes les actions humaines significatives.

 

Ainsi le dit Mircea Eliade dans Le sacré et le profane : « En comprenant le symbole, l’homme arrive à vivre l’universel, à transfigurer son expérience particulière. » Pendant l’expérience du Minotaure se fait le chemin inverse à la genèse du mythe.

 

C’est un passage qui va du mythe à l’expérience réelle, du symbole au drame concret, de l’archétype à l’existence.

 

Ce processus d’inversion va de la signification universelle au plan vivenciel. Pendant cette cérémonie contemporaine de transmutation, le mythe acquiert des aspects inédits et des dénouements différents.

 

En s’actualisant dans la vivencia, il se nourrit des variables de la situation présente, actuelle. Si le mythe est né de situations historiques réelles, il retourne maintenant aux conditions concrètes qui l’ont créé.

 

Le projet Minotaure concentre son effet thérapeutique sur cet engagement réel avec la vivencia en situation de croissance, en affectant la logique complexe du vivant.

 

La vivencia apporte une nouvelle façon de fonctionner, l’apprentissage d’un état d’âme optimum. Re-signifier les peurs s’unit à la fonction de reparentalisation, il n’y a souvent pas de mots pour exprimer dans les premiers moments ce qui se vit comme une énorme sensation d’intégration de plénitude, comme un pouvoir de s’emparer de soi-même.

 

Les instincts sont des mandats biocosmiques pour la protection de la vie. Leurs archétypes sont représentés par le Minotaure, un être sauvage naturel et innocent qui est en nous et toujours prêt à se manifester. Nous le ressentons souvent paniqué, nous le réprimons, le nions, le cachons. La culture et les lois nient ces forces de vie originelle au lieu de découvrir la beauté de notre essence naturelle.

 

L’existence : son archétype est représenté par le labyrinthe, par la possibilité de liberté de l’homme à choisir entre un chemin et un autre. Pouvoir se perdre et se retrouver soi-même. Là où le chemin va vers notre centre et permet d’aller à l’extérieur de nous et de nous relier, ce qui est une pulsation constante. Un des objectifs est que la personne rende son labyrinthe mobile, changer la rigidité par la flexibilité et la fluidité pour vivre de façon optimum les différentes étapes humaines.

L’arbre des peurs est un archétype qui a un tronc vital que sont les grandes peurs de vivre, de mourir, de triompher, d’aimer et d’être aimé, du primordial, de la pauvreté, de la richesse, d’être rejeté, de l’expression, des phobies, de la peur, de la panique, de la folie, etc.

 

Les cours hebdomadaires permettent d’appartenir à un groupe et de stimuler le bien-être et les potentiels vitaux.

 

Le projet Minotaure, ou révision des peurs, est un moment d’approfondissement significatif qui se fait en week-end, dans un lieu simple et chaleureux.

 

Le chemin d’accompagnement de ce mouvement d’intégration de l’identité continue dans les cours hebdomadaires. Il amène à une conscience plus ample du vécu, développe la confiance, la flexibilité, l’autoréférentiel, l’amour, la conscience de soi. Ce qui s’apprend est une expérience pour toute la vie, un saut quantique, pour pouvoir bien intégrer tous nos côtés.

 

Au-delà de ce qui se passe, la question est que ferons-nous avec tout cela qui nous a touché dans la vie.

 

Avoir de l’enthousiasme, avoir envie d’avoir envie, où la peur fait partie, comme le chaos, le désordre, la frustration, l’harmonie l’ordre, le bonheur et la beauté d’une vie remplie de possibilités.

 

Comme le dit Juan Manuel Serrat,

Mettre à profit ce qui se passe…

dépend en partie de toi…

 

Le courage de réveiller l’abondance d’exister est un exercice pour tous les jours que propose le système Biodanza, sans recette, sans guide, où le maître est « toi-même » en connexion avec la sacralité de la vie.

 

Où l’unique livre est l’expérience vécue par toi.

 

Bibliographie:

Proyecto Minotauro de Rolando Toro 2009

Biodanza de Rolando Toro Editions le Vivier.

El paradigma holografico de David Bohm. Ed. Kairos

La presencia del pasado, resonancia mórfica y hábitos de la Naturaleza. Rupert Sheldrake Ed Kairos.

Mitos, ritos símbolos de Fernando Schwarz.

Laberinto de Maria Lucia Pessoa Santos. Belo Horizonte.

 

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Article du mois de mai 2015
 

Le bonheur, une valeur sociale. Le droit biologique au bonheur. Vocation sociale du système Biodanza par Eugenio Pintore

 

Celui qui a eu l'occasion d'écouter Rolando Toro raconter l'origine de la Biodanza se rappellera sûrement que, outre l'histoire de la découverte des effets de la musique et du mouvement sur les patients psychiatriques de l'hôpital dans lequel il collaborait en tant que professeur de psychologie de l'art, il abordait la recherche sur la Biodanza en regard de l'échec et de la douleur éprouvée face aux grandes tragédies de la dernière guerre mondiale. Quelque chose d'essentiel devait avoir été négligé, disait-il, si face au grand développement scientifique, à l'éclosion de grands penseurs dans tous les domaines de la connaissance humaine, de grandes productions artistiques et littéraires, l'humanité s'était retrouvée à compte des millions de morts à la fin d'une guerre où les massacres dans les camps d'extermination ont fait écho aux bombardements de Hiroshima et Nagasaki. Quelque chose d'essentiel de l'humain avait été oublié et continuait à être oublié. Nous sommes l'expression d'une société et d'une culture malade dans ses fondements, continuait-il, à laquelle j'ai senti qu'il était nécessaire de trouver des antidotes extrêmement profonds et fondamentaux. De cet aspect éthique, il faisait ressortir le développement et la croissance de la Biodanza qui incorporait petit à petit une vision du monde dans laquelle les paroles clés étaient le réapprentissage et la reconnexion avec les instances vitales inscrites dans l'essence biologique de l'homme et de l'univers. Il faut repartir d'une culture de la vie, de la reconnaissance de sa sacralité: non de façon abstraite, mais à partir de chaque être vivant singulier jusqu'à la communauté de l'espèce humaine.

 

Le thème de la guerre était naturellement l'exemple le plus aigu et le plus tragique pour une critique de la société, et pas seulement la société occidentale, fondée sur l'accentuation extrême de l'individualisme, de la compétition, du pouvoir dont les résultats sont non seulement les injustices sociales évidentes ou les violations constantes des droits humains, mais de façon plus générale et indépendamment des situations économiques, la détérioration des possibilités d'un développement humain vers la plénitude.

 

J’ai fait référence au souvenir de ces mots de Rolando Toro pour nous rappeler de la vocation sociale de la Biodanza, son instance éthique, son intention transformatrice, qui ne sont pas des éléments qui s’ajoutent de façon facultative à une technique qui pourrait pourtant survivre et fonctionner sans eux. La vocation sociale de la Biodanza appartient et transparaît comme une trame indissoluble de chacun de ses aspects, tant théorique et méthodologique que vivenciel.

 

Il est donc intéressant de noter comment, au cours des années –d’abord en Amérique du Sud puis en Europe – des expériences à orientation sociale se sont peu à peu développées de façon de plus en plus marquées et explicites: elles sont celles, en réalité, qui ont à voir avec les couches plus fragiles de la population, soit en institutions ou dans des projets soutenus par les institutions; souvent également dans les contextes éducationnels avec des enfants et des adolescents ou à but rééducatifs dans les domaines sociaux et sanitaires.

 

Elles sembleraient donc différentes des expériences “normales” de Biodanza avec des adultes dans des contextes moyennement normaux. Elles ne le sont en réalité que parce qu’elles mettent en évidence de façon irrévocable et “par excès” la vocation originelle de la Biodanza: là où l’injustice sociale, la déprivation, l’insatisfaction des besoins fondamentaux, la violence parfois et souvent la discrimination ont généré des situations où les ressources et les capacités humaines essentielles ont été compromises, la Biodanza manifeste son essence et sa véritable mission.

 

C’est aussi par ces expériences que la Biodanza met à l’épreuve la prégnance et la validité de sa proposition en tant que dénonciation et appel à des politiques sociales plus justes, à des modèles culturels et éducatifs plus en syntonie avec le principe biocentrique, avec la constitution originelle de l’être humain. La Biodanza sociale met en évidence ce qui la constitue fondamentalement, c’est-à-dire le fait qu’elle est une technique raffinée et efficace de transformation personnelle mais est aussi une proposition qui cible la transformation du monde et de la société en remettant au centre les valeurs de la vie et de la dignité de la personne, qui prend à cœur la défense des droits humains en l’accompagnant cependant d’une spécification des besoins essentiels de l’homme plus riche, plus complexe et articulée sur ce qui émerge chaque fois que l’on procède à leur séparation en privilégiant soit l’aspect économique, soit politique ou social et culturel.

 

Il y a dans la proposition de la Biodanza un potentiel de valeur, théorique et méthodologique, et même opérationnel, qui mérite d’être développé pour tisser un dialogue avec ceux, à partir de l’institution, qui s’occupent des programmes sociaux, éducatifs et de politique de développement en général.

 

C’est dans cet esprit qu’il vaut la peine d’ouvrir un échange entre quelques idées de base de la Biodanza – et en particulier celles qui définissent les cinq lignes de vivencia en lien avec le développement des potentiels humains – et celles élaborées dans d’autres contextes eux aussi intéressés à identifier les besoins et les capacités humaines fondamentales sur lesquelles construire, par exemple, non seulement de nouveaux modèles d’intervention pour les régions les plus pauvres de la planète, mais aussi de nouvelles conceptions sur ce que l’on doit entendre par développement en lien avec la qualité de la vie et le bien-être personnel.

 

Les domaines de réflexions sont nombreux. Nous chercherons ici à nous délimiter et à ne faire référence qu’à une conception des droits humains qui face au droits à la vie et à la dignité humaine dans leur signification la plus profonde et complète et qui face à « l’urgence » dictée par les situations extrêmement graves liées à la pauvreté et à la menace de la subsistance (eau et nourriture saine) ou à la violation élémentaire des droits civiles et politiques saurait contenir aussi le droit au développement des potentialités humaines, à l’exercice de ses propres capacités dans les domaines qui sont faussement considérés comme secondaires et non essentiels comme c’est le cas pour l’affectivité et les sentiments, l’imagination et la créativité, l’appartenance communautaire, la joie et le repos. Ce sont des aspects qui, avec ceux définis comme des besoins primaires, contribuent à définir une vie digne d’être vécue et réclame le droit non seulement à la recherche du bonheur comme le dit la constitution américaine, mais de le posséder.

 

Il pourrait être intéressant dans cette perspective de partir de cette maintenant très connue pyramide des besoins élaborée par Maslow avec à la base les besoins physiologiques essentiels à la survie, au sommet un ensemble de mots sous le titre de besoin de s’accomplir et au milieu des mots comme besoins affectifs et besoins d’estime.

 

Il s’agit d’une position qui déjà d’un point de vue de bon sens paraît correcte : si je ne suis pas satisfait des besoins de l’échelle inférieure et en particulier des besoins physiologiques et de sécurité, les autres besoins qui suivent ne peuvent même pas être pensés ou sentis comme tels.

 

Si aucune question apparente ne peut être faite sur les besoins physiologiques fondamentaux, quelques raisonnements en plus peuvent et sont faits sur plusieurs aspects de l’organisation hiérarchique des besoins qui en émerge et qui, transposé de la psychologie individuelle vers le milieu social, génère des malentendus avec des modèles d’intervention, par exemple seulement économiques ou seulement centrés sur la sécurité, au détriment des droits civils ou indifférents à la croissance ou au développement de la personne dans ses besoins affectifs ou créatifs.

 

Si nous voulions confronter cette organisation hiérarchique avec les cinq lignes de vivencia, nous nous apercevrions tout de suite que, bien que les besoins physiologiques essentiels soient d’une importance prioritaire pour la survie, les relations entre les lignes ne peuvent être représentées par une pyramide mais plutôt par une figure qui rappelle l’hologramme, une figure capable donc de représenter leur interaction systémique : toutes les lignes sont essentielles et interagissent entre elles et définissent ensemble une totalité humaine intégrée ; toutes sont pareillement nécessaire et aucune ne peut être éludée sans répercussions sur les autres, y compris la première, la physiologique, qui semblerait être la plus autonome (une situation de privation affective, une menace permanente pour l’estime de soi, une exposition à l’insécurité au travail peuvent avoir une incidence sur l’état de santé en générant des pathologie, même graves, qui menacent la survie de la personne).

 

Les résultats de cette hypothèse à propos d’une conception non hiérarchique des besoins deviennent évidents seulement s’ils les placent dans leur dimensions originelles : l’essence des besoins, tous sans distinction, trouve son fondement dans la constitution biologique de l’homme.

 

Ainsi, non seulement les besoins ne sont pas hiérarchiques mais ils n’ont aucune marge de manœuvre : ils ont un caractère universel, ils concernent donc tous les membres de l’espèce humaine indépendamment de la culture, des conditions historiques, politiques ou religieuses. Ils ne peuvent être remis en cause. Il n’y a pas de lieu ou de temps où ils perdent de leur vitalité. Si les conditions socio-historiques et culturelles ne permettent pas leur pleine satisfaction, ce qui est remis en cause est la possibilité de la personne de vivre sa propre vie avec dignité.

 

Parler de biologique n’est pas seulement parler de génériquement naturel : cela signifie reconnaître en même temps l’interdépendance et l’indivisibilité des besoins. Comme il n’y a pas de besoins plus importants que d’autres, il n’y a pas de besoins qui peuvent être sacrifié en faveur d’autres : l’unité de la personne humaine ne permet pas de discriminations entre les besoins fondamentaux. Il y a bien-sûr des seuils au-delà desquels la satisfaction d’un besoin s’impose avec une urgence absolue : l’exemple de la subsistance est la plus claire. Mais cela vaut également pour tous les autres : il y a un seuil au-delà duquel le manque d’affect, d’estime de soi, de respect compromet la vie de la personne.

 

Ce n’est pas un hasard si, dans le débat sur les droits humains, l’accentuation sur l’interdépendance et l’indivisibilité des droits a fait son chemin, ainsi que la proposition d’une théorie du développement à dimension humaine (sur cette dimension non hiérarchique et systémique, l’économiste Max Neef a donné quelques informations importantes).

 

Le deuxième aspect sur lequel réfléchir, toujours dans la perspective d’un dialogue de la Biodanza sur le thème des droits, pourrait avoir comme titre : des besoins aux potentialités et aux capacités.

 

Le langage et le vocabulaire des besoins cachent de nombreux pièges et la référence à l’unité et à la totalité de la personne n’arrive pas toujours à les éviter.

 

La satisfaction des besoins a en soi une dimension de passivité qui projette l’idée d’un développement personnel dans une dépendance aux interventions externes et souvent de type assistanat. Une conception qui maintient la personne dans une dimension de nécessités perpétuelles.

 

Le renvoi continuel que fait Rolando Toro entre le concept de potentiel génétique et les réflexions sur les écofacteurs qui favorisent ou compromettent son développement, met en jeu la nécessité de créer et/ou de modifier l’environnement – humain et naturel – dans lequel naissent, grandissent et vivent les personnes de façon à le rendre plus adapté au plein développement de ses propres capacités innées.

 

L’environnement doit être compris dans sa plus grande extension, comme une écologie humaine où sont importants non seulement les aspects économiques et sociaux en général mais aussi les aspects relationnels, familiaux et éducatifs. La proposition d’une éducation biocentrique n’est rien d’autre que le versant concret et opérationnel de cette proposition et répond à une idée de la vie en tant que trésor de possibilités qui trouve sa pleine expression de façon naturelle si le contexte est favorable à son développement.

 

Relire les droits humains sous cette perspective écologique, de façon à ce que le droit à la vie et le retour à la dignité peuvent être compris non seulement en termes de concessions et d’obligations mais garantissent la pleine « floraison » de la personne.

 

Le terme « floraison » qui semble n’avoir qu’un effet poétique est utilisé dans la réflexion sur une nouvelle économie de développement comme celle d’Amartya Sen qui montre la nécessité de considérer le développement économique et social dans le but de créer des conditions adaptées au plein développement des capacités humaines, à justement leur floraison. Cependant, les consonances les plus intéressantes avec le concept de potentialités peuvent se trouver dans les réflexions de Martha Nussbaum qui réécrit les droits humains, non en se référant à une théorie des besoins mais plutôt à une théorie des vrais droits à pouvoir voir grandir, développer et exercer toutes les capacités les plus propres à chaque être humain.

 

Ce sont des capacités qui n’admettent aucune exception sans que celle-ci se transforme de fait en une discrimination, ce sont des capacités qui doivent être garanties à tous indifféremment, sans distinction de race, sexe, culture, religion et dont les valeurs doivent être effectivement reconnues comme universelles.

 

Le modèle de référence est naturellement différent de celui synthétisé par les cinq lignes de vivencias indiquées par Rolando Toro mais contient des indications importantes si nous voulons explorer les résultats non seulement psychologiques mais également sociaux de la Biodanza et il peut être entendu comme une suggestion pour une articulation possible avec le guide social du principe biocentrique.

 

Je vais essayer de lister quelques-unes de ces capacités en mettant l’accent, non tant sur celles les plus partagés, comme celles qui concernent la vie, la santé ou l’intégrité physique, mais sur celles qui semblent et sont souvent considérées comme secondaires, étant justement secondaires par exemple l’imagination, les sentiments

 

Je les rapporte intégralement :

 

1.     Vie. Avoir la possibilité de vivre jusqu’à la fin une vie humaine de durée normale ; de ne pas mourir prématurément, ou avant que soit vie ne soit limitée de telle façon qu’elle est indigne d’être vécue.

 

2.     Santé physique. Pouvoir jouir d’une bonne santé, y compris une reproduction saine ; pouvoir être nourri de façon adéquate ; avoir une habitation adéquate.

 

3.     Intégrité physique. Etre capable de bouger librement d’un lieu à l’autre ; être protégé contre les agressions, y compris l’agression sexuelle et la violence domestique ; avoir la possibilité de jouir du plaisir sexuel et du choix dans le domaine de la reproduction.

 

Déjà, dans ce troisième point il y a des éléments importants à souligner : on parle par exemple d’agression sexuelle de violence domestique, de plaisir sexuel. Ce sont des aspects qui souvent dans l’énonciation froide et juridique des droits ne sont pas considérés mais qui renvoient à des contextes concrets de violence et d’injustice, surtout vis-à-vis des femmes, qui sont des limitations graves au libre développement et expression des potentialités et capacités humaines.

 

4.     Sens, imagination et pensée. Pouvoir utiliser ses propres sens pour imaginer penser et raisonner, avoir la possibilité de le faire de façon « vraiment humaine », c’est-à-dire d’une façon non formatée et cultivée par une instruction adéquate comprenant l’alphabétisation, les mathématiques élémentaires et la formation scientifique, sans être cependant limitée à ces branches-là.

Etre capable d’utiliser l’imagination et la pensée en lien avec l’expérience et la production d’œuvre auto-expressive (…) Pouvoir aller à la recherche de la signification ultime de l’existence par ses propres moyens. Pouvoir faire des expériences agréables et éviter les douleurs inutiles.

5.     Sentiments. Pouvoir éprouver de l’affection pour les choses et les personnes en plus de soi-même, aimer ceux qui nous aiment et qui prennent soin de nous, souffrir par leur absence ; en général, aimer, souffrir, éprouver du désir, de la gratitude et de la colère justifiée. Ne pas voir son propre développement émotif détruit par l’anxiété ou des peurs excessives, par des événements traumatiques d’abus et d’abandon.

6.     Raison pratique. Etre capable de se faire une conception de ce qui est bien et s’engager dans une réflexion critique sur comment programmer sa propre vie.

7.     Appartenance.

a)     Pouvoir vivre avec les autres et pour les autres, reconnaître l’humanité d’autrui et montrer des préoccupations pour le prochain ; s’engager dans différentes formes d’interactions sociales, être capable de comprendre les conditions d’autrui et d’éprouver de la compassion ; être capable de justice et d’amitié (Défendre cette capacité signifie défendre les institutions qui fondent et alimentent ces formes d’appartenance et aussi défendre la liberté de parole et d’association politique)

b)    Avoir les bases sociales pour le respect de soi pour ne pas être humilié ; pouvoir être traité comme une personne digne dont les valeurs égalent celles des autres. Ceci implique, au minimum, une protection contre la discrimination concernant la race, le sexe, la tendance sexuelle, les religions, les castes, les ethnies, les origines nationales.

8.     Autres espèces. Etre capable de vivre en lien avec les animaux, les plantes et avec le monde de la nature en éprouvant de l’intérêt pour cela et en en prenant soin.

9.     Jeu. Pouvoir rire jouer et profiter d’activités récréatives.

10.  Contrôle de son propre environnement.

a)     Politique. Pouvoir participer de façon efficace au choix politiques qui gouverne sa vie ; jouir du droit de participation politique, de la garantie de liberté de parole et d’association.

b)    Matériel. Avoir le droit de posséder (des terres et des biens mobiliers) non seulement formellement mais d’en avoir une possibilité concrète ; avoir le droit de chercher du travail sur la même base que les autres ; être protégé des perquisitions et des arrestations non autorisées. Concernant le travail, être capable de travailler d’une façon digne d’un être humain, exerçant la raison pratique et établissant un rapport significatif et de reconnaissance mutuelle avec les autres travailleurs.

 

Certes, certains points sont plus directement liés à la Biodanza, d’autres peuvent sembler trop explicitement politiques. Les droits humains, cependant, ont aussi une extension propre dans le domaine des droits civils et politiques desquels dépend la possibilité pour les personnes de développer une capacité apparemment plus subjective. Ce sont des éléments que nous tenons pour donnés, alors que les systèmes politiques sont suffisamment ouverts mais deviennent primaires dans un contexte fortement répressif. Il n’existe pas de développement personnel complet sans un contexte, même politique, qui garantit la possibilité de liberté. La même chose vaut naturellement pour les conditions économiques.

 

Tous cependant font référence à une sorte d’écologie du développement humain qui va du contexte le plus vaste comme l’état à celui personnel délimité par l’espace familial et les relations avec l’autre.

 

Comme je le disais, les éléments les plus intéressants concernent cependant les aspects qui sont normalement considérés comme secondaires et parfois velléitaires en termes de droit. S’il est facile de comprendre la nécessité d protéger et garantir le droit à la nourriture, au logement et à la sécurité, il est plus difficile de parler d’un droit à l’imagination, à l’affection, à l’amour, au jeu.

 

Avoir mis comme les capacités essentiels l’imagination et la pensée, la possibilité de « rire, jouer et jouir d’une activité récréative », celles de pouvoir éprouver de l’affection pour les choses et les personnes autres que pour nous, aimer ceux qui nous aiment et prennent soin de nous, introduit une vision dans laquelle ce que nous entendons normalement comme appartenant au domaine de la psychologie individuelle révèlent leur caractère social.

 

Le terme capacité, que nous pourrions dire dans le vocabulaire de Rolando Toro potentialités humaines, acquiert ici toute son importance : il s’agit d’être mis dans les conditions pour pouvoir faire ou sentir ce qui appartient originellement et universellement à tous les être appartenant à l’espèce humaine bien avant toute différenciation historique, géographique ou culturelle.

 

De telles capacités peuvent être compromises de mille façons mais toutes imputables à un « environnement », qui dans ces multiples aspects économiques, juridiques, culturels et familiaux, rend impossible leur développement et leur libre expression.

 

La violation a la même gravité qu’on la considère du point de vue du développement ou de celui de la répression. Ne pas pouvoir exercer la libre capacité de pensée et d’imagination parce qu’on ne nous a pas donné la possibilité de la faire grandir et de la développer dans un contexte éducatif adéquat est grave et nous limite. La répression est plus facile à reconnaître et nous avons développé contre elle une sensibilité collective qui nous permet au moins de faire des actes de dénonciation. Mais la violation d’un droit n’apparaît pas aussi clairement dans le cas où l’on en empêche consciemment ou non, peu importe, la croissance et le développement.

 

Notons par exemple ce qui se dit à propos des sentiments en lien avec le droit à : « Ne pas voir son propre développement émotionnel détruit par l’anxiété et la peur excessive ou par des événements traumatiques d’abus et d’abandon » ou encore le droit à pouvoir vivre avec les autres et pour les autres, de reconnaître l’humanité d’autrui et avoir des préoccupations pour son prochain ; se consacrer à différentes formes d’interaction sociale ; être capable de comprendre les conditions d’autrui et d’en éprouver de la compassion ; être capable de justice et d’amitié. Que ces capacités humaines puissent être sacrifiées et compromises n’est pas seulement évident par rapport à des contextes affectifs et relationnels familiaux et parentaux mais aussi par rapport à des contextes sociaux où les enfants et les adolescents, par exemple, sont privés d’expériences fondamentales positives telles que celle de pouvoir développer un minimum la capacité empathique ; les enfants engagés dans des actions violentes de guerre comme dans le cas d’enfants soldats mais aussi dans la criminalité organisée, des enfants et adolescents qui ont grandi dans des contextes d’indifférence par rapport à l’autre, de mépris, de discrimination ou de racisme manifeste.

Le manque de contexte affectif adéquat, la subordination des comportements aux disqualifications propres aux adultes à l’égard de l’humanité de l’autre compromettent de façon quasi irrécupérable le développement et la croissance de la sensibilité empathique.

 

Cette violence exercée à l’égard des enfants ou des adolescents est d’une gravité incommensurable, non moins grave que celle liée au manque d’instruction ou de soin. Le droit dans ce cas est compromis dès l’origine et ne permet pas le développement d’une capacité humaine fondamentale.

En ce sens, les capacités, toutes les capacités humaines sont à entendre comme des droits qui doivent être sauvegardés et protégés, non seulement dans leur expression mais plus encore dans leur développement. Ce sont des capacités dont on doit prendre soin d’un point de vue éducatif mais aussi – et c’est là que la Biodanza a un rôle supplémentaire – dans leur dimension de réhabilitation.


Tandis qu’il y a des personnes dont les capacités sont compromises, sacrifiées, réprimées ; alors que la violence ou l’indifférence du contexte socio-économique ou familial ont provoqué des carences dans les droits et les capacités fondamentales, la Biodanza peut participer à leur récupération et à la reconstitution de l’intégrité de la personne.


Amartya Sen, quand elle parle de droit au bien-être et à la qualité de vie, fait toujours référence à une idée du bonheur d’inspiration aristotélicienne, l’eudémonisme, en l’interprétant comme la pleine floraison de la vie, le plein développement des capacités de chacun.

 

Offrir et garantir à la vie de chacun de “fleurir”, d’exprimer plus ses propres potentiels. Ça c’est la Biodanza, et ça c’est sa vocation sociale.

 

Conférence présentée au premier forum international de Biodanza sociale et clinique – Mars 2009

Centro Gaja Ecole de Biodanza de Vicenza
www.centrogaja.it

 

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Article du mois de juin 2015
 

Pourquoi danser? par Myrthes Gonzalez

 

« La première connaissance du monde, antérieure à la parole, est la connaissance par le mouvement. La danse est ainsi une façon d’être dans le monde, l’expression de l’unité organique de l’homme avec l’univers. Cette notion de danse comme cénesthésie intégrante est très ancienne et a, au travers de l’histoire, de nombreuses expression culturelles comme les danses primitives, les danses orphiques, les cérémonies tantriques ou les danses giratoires du soufisme ».

Rolando Toro Araneda

 

Je pense quelques fois comment serait le monde sans paroles. Quand j’étais dans l’immensité de la Patagonie et que j’ai pu percevoir les preuves de la dernière grande glaciation, j’ai eu  l’insight que nous sommes indispensables pour la nature.

 

Si le verbe est arrivé avant, le mouvement aussi est arrivé avant et même avant de nous manifester sur la planète en tant qu’homo sapiens, la nature dansait déjà car sa danse est l’expression des éternels cycles cosmiques.

 

La danse en tant que mouvement résonnant est la qualité matérialisée de la musique. Elle existe à partir des relations gravitationnelles des corps dans le temps et l’espace.

 

La danse fut découverte par les corps célestes qui après la grande et singulière explosion acquirent chacun leur expression particulière et, dans un mouvement d’expansion, établirent des relations de résonance les uns avec les autres, créant un espace-temps qui n’est linéaire que dans notre perception. Avec les étoiles, les planètes et d’autres corps célestes se créèrent le temps et l’espace qui sont la scène de la danse, en fin de compte sa propre danse, parce que c’est du temps et  de l’espace que vient la musique.

 

Alors que le mouvement céleste créait la danse, peut-être que celle-ci avait déjà été créée, bien avant la grande explosion. Les particules, avec leurs aspects positifs et négatifs, dansent à deux, font des rotations et le séducteur se montre pour ensuite disparaître.

 

Les particules, qui peuvent être des ondes de différentes longueurs et qui peuvent aussi être des cordes qui s’étendent et s’enroulent selon les relations qu’elles établissent. Du micro au macrocosme la danse existe et a toujours existé.

 

La vie comme danse

La vie sur notre planète est considérée comme un phénomène organique. Dans un certain point de la danse cosmique, sur notre petite planète, se créèrent les conditions pour un type spécifique d’organisation de la matière qui contraria les lois de l’entropie.

 

Comment cela a-t-il commencé ? Pourquoi ? Nous sommes encore sur le chemin de la découverte mais le fait est que les organismes de cette planète sont capables de maintenir une cohérence en vainquant la tendance à la perte de chaleur et à la dissolution. Bien que pas reconnue scientifiquement comme un organisme vivant, notre propre planète a établi des réseaux écologiques qui la maintiennent « vivante » comme un organisme, avec des quantités précises d’éléments chimiques essentiels qui sont en équilibre comme dans un organisme.

 

La danse des organismes vivants commence avec les bactéries, elle s’installe chez les plantes et culmine chez les animaux.

 

Les animaux deviennent maîtres dans le déplacement spatial, soit sur la terre, soit dans l’eau ou dans l’air. Leurs mouvements sont harmoniques, rythmiques et mélodiques. Nous pourrions mettre en musique les mouvements de chaque espèce et nous aurions la preuve de la danse.

 

La nature est créative et cyclique : elle poursuit ses transformations en créant de nouveaux êtres.

 

La danse chez l’être humain

Nous arrivons finalement à la danse dans l’histoire de l’humanité.

 

Il est clair que, avant d’être sapiens nous dansions déjà. Le sapiens a inventé la danse comme élément culturel. Ou serait-ce la danse qui a inventé la culture ?

 

Comme toutes les choses propres à l’être humain, la danse a ici rompu avec les mouvements hérités et caractéristiques de l’espèce pour acquérir une multitude infinie de possibilités. En ce sens, la danse fut un des principaux éléments qui permirent à l’être humain de transcender ses limites de mouvement et de perception.

 

Originellement, la danse fut liée aux rituels de contact avec le divin. Danser amène toujours à une altération de l’état de conscience. La danse, dans son origine la plus reculée, a donc été associée au sacré. De la même manière qu’elle donne accès au contact avec le divin, la danse permet l’état de relâchement, le plaisir et la célébration liés aux moments de décontraction que nous relions, dans notre culture, au profane.

 

Pourtant, à des niveaux profonds, la dissociation entre sacré et profane, dans la perception de celui qui danse, n’a simplement pas de sens. Ainsi, quand le danseur s’abandonne à la danse, que ce soit dans un rituel, une fête de quartier ou un spectacle, toutes les voies conduisent à l’extase.

 

L’extase est une expérience de fusion avec la musique, où le danseur a accès à une connaissance vivencielle à travers la proposition musicale.

 

Il existe différents facteurs qui amènent une différence dans l’expérience de danser dans le contexte de la Biodanza. Un des aspects les plus pertinents est dans la musique en soi. La musique a le pouvoir d’éveiller des émotions, produit une espèce de « voyage émotionnel ». Quand nous écoutons simplement de la musique, elle manifeste déjà son pouvoir de changer notre état d’âme, d’éveiller des mémoires, des émotions et des sentiments. Quand nous dansons, cette expérience tend à s’accentuer.

 

Nous pouvons dire que, indépendamment des paroles d’une musique, celle-ci transporte en elle une émotion. C’est ce qui s’appelle en Biodanza la sémantique musicale. Il existe des musiques qui nous transmettent de la tristesse, d’autres la joie; certaines la légèreté, d’autre le poids.

 

En Biodanza, les musiques sont choisies avec soin selon leur sémantique. Le facilitateur choisit et organise sa session comme un chemin poétique lié à l’émotion transmise par la musique. Selon l’objectif de sa session, un jour déterminé, il conduit le groupe sur un chemin de contact avec des nuances émotionnelles déterminées qui, quand elles se transforment en danses, produisent ce que nous appelons vivencia.

 

La vivencia surgit quand le danseur arrive à être complètement présent dans l’ici et maintenant de sa danse.

 

C’est différent, par exemple, de danser dans une fête, parce que dans les fêtes, en général, il n’y a pas de professionnel qui se préoccupe de savoir quel type d’expérience la personne va avoir quand elle danse une musique déterminée.

 

En Biodanza, nous comprenons la danse comme un élément très puissant, capable de générer de l’intégration ou de la dissociation. Dans notre société consumériste et mécanisée, nous trouvons de nombreuses musiques qui donnent accès à un sentiment de vide, de rage, de destruction. La danse de ces musiques accentue ces aspects au niveau vivenciel, créant des synapses au niveau moteur  pour des mouvements brusques et peu sensibles, accentuant les dissociations.

 

Les personnes qui pratiquent la Biodanza parlent d’un sentiment de bien-être. Ceci est dû au fait d’avoir accès à des expériences différentes quand, au cours de sa session, le facilitateur invite à une danse liée à des musiques qui développent la sensibilité, l’empathie, la solidarité, la joie, l’amour, etc.

 

Ces expériences vont, peu à peu, construire une base neurophysiologique qui va vers une intégration affectivo-motrice capable d’apporter dans le quotidien du participant les éléments qu’il vit dans ses danses.

 

De cette façon, en Biodanza, la danse est la voie d’accès à une connaissance, à un principe non rationnel, mais qui fait partie de notre ancestralité et de l’évolution de la vie et du cosmos.

 

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Article du mois de juillet-août 2015
 

La récupération du désir de vivre par Ana Maria Alberti et Guillermo Retamosa

 

La Biodanza est une science et un art de la vie, du lien et de la cohabitation humaine avec une vision écologique de l’intégration à la totalité du vivant.

 

Elle s’organise autour d’une théorie transdisciplinaire et d’un modèle opérationnel soutenu par le Principe Biocentrique qui postule une éthique sociale centrée sur l’affectivité et le respect pour la sacralité de la vie.

 

Elle apporte au domaine de la santé un système éducatif thérapeutique qui fait appel au potentiel de changement, à la créativité innée et au développement de potentiels latents chez l’être humain par la récupération de la santé.

 

Elle fait évoluer la conception de santé, maladie et thérapie, considérant que santé, maladie et environnement vital sont une unité en interaction mutuellement transformatrice dans un équilibre en permanente modification.

 

Quand les conditions du contexte dans lequel vivent les personnes dysfonctionnent, les dites maladies de la civilisation se produisent. La violence, le stress, les relations sans amour, la compétitivité et la survie, le manque de solidarité sapent la confiance en soi, l’estime de soi, la capacité expressive et l’établissement de liens affectifs nutritifs.

 

L’organisme, sur-adapté pour répondre aux exigences du milieu, trébuche et tombe malade. Il parcourt un chemin qui va de la santé à la maladie.

 

La Biodanza crée le chemin inverse, de la maladie à la santé, du mal-être au bien-être. Elle induit des vivencias par la combinaison de musiques, mouvements et émotions dans un processus groupal dans lequel le groupe est une matrice affective qui contient, soutient et stimule aux changements les participants. Elle promeut la connexion avec soi-même, les autres et le vivant en agissant sur les différents niveaux constitutifs de l’être humain.

 

Son objectif est d’améliorer la santé, la communication et la réparation des relations affectives, en stimulant la créativité existentielle.

 

Le processus de vivencia hebdomadaire génère un espace groupal propice au développement de cinq grands ensembles de potentiels génétiques appelés lignes de vivencia : vitalité, affectivité, sexualité, créativité, transcendance, potentiels avec lesquels nous naissons et qui s’activent en interaction avec les écofacteurs externes jusqu’à la fin de la vie. Les autres êtres humains et les liens affectifs que nous construisons sont les principaux écofacteurs pour le développement de l’identité.

 

L’activation et l’intégration des différentes lignes de vivencia génère des processus d’apprentissage – désapprentissage qui produisent de nouveaux comportements et style de vie en libérant la capacité d’exprimer des émotions, de communiquer, de sentir la joie, le désir et le plaisir de vivre.

 

Comment agit la Biodanza

Sa méthodologie est la vivencia et vivencier, le mécanisme d’action. Chaque vivencia intégrant l’être réceptif à la musique, aux exercices cénesthésico-vivenciels et à l’interaction groupale, active les différents niveaux physiologique, psychologique, spirituel, existentiel.

 

L’organisme est un hologramme vivant dans lequel la totalité de l’information pour la vie est en chaque cellule et regroupée en tissus, organes et systèmes qui forment comme une totalité dans laquelle, systèmes nerveux, endocrinien et immunitaire sont interconnectés.

 

La Biodanza, en vivenciant, induit des phénomènes d’autorégulation pour maintenir l’organisme dans un état d’équilibre dynamique (homéostasie).

 

Au niveau neurophysiologique : elle produit la stimulation et la régulation du Système Adaptatif Limbique Hypothalamique, axe d’activation émotionnel qui connecte entre eux le cortex cérébral, le système endocrinien et immunologique. Il module la fonction inhibitrice du cortex cérébral sur les régions permettant la régulation organique et l’expansion des instincts indispensables à la conservation de la vie et de la santé. Ceci qui se passe à l’intérieur de la cellule, ce sont des processus métaboliques de rénovation et de réparation endocellulaires, entre les cellules, modifiant les interactions cellulaires de nature chimique, électrique, magnétique et immunologique. Cette interaction et régulation tendent à récupérer l’équilibre interne, la constance structurelle et fonctionnelle de l’organisme, l’homéostasie, contribuant à la récupération de la santé.

 

Au niveau psychologique : La Biodanza est un instrument précieux pour stimuler l’évolution de la maladie vers la santé. Devant le diagnostic de maladies complexes et d’un pronostic réservé, avec des séquelles et/ou une chronicité, des réactions émotionnelles apparaissent. Au début, la négation, le rejet, la colère, le processus de Biodanza opère de façon complémentaire par rapport au traitement spécifique de la maladie grâce à une attitude différente par rapport à celle-ci. Il y a progressivement une reconnaissance et une acceptation de la situation, avec un protagoniste actif assumant le traitement spécifique, découvrant des capacités de santé latentes bien au-delà de la maladie. La personne évolue finalement vers une étape d’autoguérison avec des changements existentiels, où elle prend soin d’elle et adopte un nouveau style de vie. En amplifient la perception de soi et de l’entourage, de nouvelles formes de communication et de lien affectif permettent de vivre le présent de façon sensible, nourrissante et enrichissante.

 

Là où agit la stimulation vivencielle, elle influence de façon synergique les autres par leur interaction homéostatique sur l’unité de l’organisme. Ainsi, les processus générés dans le système limbique influencent le système endocrinien via l’hypothalamus et l’hypophyse, sur le système immunitaire en le renforçant.

 

Ainsi, les vivencia ont un pouvoir d’intégration en elles-mêmes et elles sont en premier lieu un mode de cognition inconscient.

 

Au fur et à mesure que le processus avance, l’information arrive au cortex cérébral en intégrant l’émotion à la pensée, les actions et les comportements se modifient, ainsi que les mots avec une perception et une compréhension graduelle des changements. Le processus d’intégration vivenciel devient conscient, exprime l’émotion vécue dans l’intimité de la parole et des changements dans la vie quotidienne, avec une meilleure qualité de vie et de santé.

 

Dans notre expérience clinique et de santé mentale, le système Biodanza est un instrument puissant pour la récupération de la santé et de la qualité de vie.

 

Le processus vivenciel hebdomadaire, à cet égard, s’organise de façon individuelle et groupale, dans un environnement cadré, d’engagement émotionnel et d’appui affectif.

 

-       Avec des critères de progressivité : adéquation du travail au temps et aux besoins de la personne.

-       Avec une direction : processus de réintégration de la dissociation initiale à la réparation et l’intégration de la douleur et du plaisir de vivre (réhabilitation existentielle).

-       Travail Complémentaire : aux traitements spécifiques de la maladie, en articulant les ressources thérapeutiques avec le développement de la capacité de santé (coexistent et interagissent de façon synergique).

-       Formation des groupes : hétérogènes, personnes qui cherchent à réaliser un processus personnel, d’élargir leur existence au-delà de leur état de santé ou de maladie qui fait partie de chacun.

 

La Biodanza nous invite à la grande danse de la vie, elle nous conduit à l’art de vivre et à la Santé comme expression de l’ordre cosmique.

 

Par le rythme et l’harmonie musicale, elle réhabilite le mouvement organique, la création et la rencontre amoureuse.

 

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Article du mois de septembre 2015
 

Vivre par Raul Terrén et Véronica Toro

 

Entre la naissance et la mort, il y a la splendeur mystérieuse de la vie.

 

Et là nous sommes, jour après jour, dans un itinéraire hasardeux, plein d’incertitudes.

 

En même temps, bien que cela soit par moments, la certitude de l’amour nous offre la dimension du merveilleux.

 

Vivre est parfois un cadeau des Dieux pour ceux, nombreux, qui se sentent bénis par la grandeur du quotidien. Quelle magnifique perception de notre singularité cosmique !

 

Mahatma Gandhi disait que « il faut vivre comme si nous allions mourir demain et apprendre comme si nous étions éternels ». Apprendre à vivre et notre tâche. Et que nous sommes fortunés, nous qui le faisons avec la musique, la danse et les étreintes.

 

Cela fait presque cinquante ans que la Biodanza est née. La Biodanza comme une proposition de s’enthousiasmer pour la vie. Grâce au génie de Rolando qui depuis les années soixante nous offre cette stratégie pour nous amener à profiter de la vie.

 

Vivre est une aventure et peut être une expérience enchanteresse, mais il faut accepter que le risque fasse partie intégrante de la vie. Il faut avoir le courage de s’aventurer vers l’inconnu, bien que, en réalité, ce soit ce que nous faisons chaque jour. Est-ce que par hasard l’un d’entre nous sait-il ce qu’il lui arrivera demain ?

 

La sensation de sécurité est aussi importante, pouvoir avoir confiance en la vie, attendre que le meilleur arrive dans chaque situation est quelque chose de très bon et essentiellement humain.

 

Si nous voulons être dans le monde avec cette dose de risques qui fait que tout est excitant et cette dose de sécurité qui nous permet de nous abandonner aux nouvelles expériences, alors le mieux est d’essayer la Biodanza.

 

Quand nous allons dans d’autres pays, nous nous sentons stimulés par les différences : personnes inconnues, arômes excitants, habitudes attrayantes et parfois aussi des vivencias effrayantes. Mais quand nous participons à un atelier de Biodanza, nous nous sentons reçus et accueillis parce que nous trouvons notre base sécure : un groupe d’êtres humains faisant de la Biodanza, il n’y a rien de plus accueillant que cette expérience.

 

Nous invitons nos compagnons de Biodanza à continuer à contaminer la santé à chaque instant de leur vie. D’Ushuaia à San Francisco, de Johannesburg à Tel Aviv, de Berlin à Tokyo, les groupes de Biodanza s’étendent afin d’offrir aux personnes une sécurité affective et un courage existentiel.

 

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Article du mois d'octobre 2015
 

Développement des personnes dans les organisations. Une vision biocentrique par Gaston Andino

 

Le développement des personnes, quand il est lié à une VISION BIOCENTRIQUE des organisations, voit l’être humain comme un système vivant en mouvement constant. Il permet à l’entreprise d’avoir un fonctionnement plus organique, pouvant ainsi accomplir ses objectifs prévus.

 

« Une organisation vivante compte avec des êtres humains, cherche et promeut leur intégrité. Des êtres humains qui sentent, pensent et agissent ; des êtres humains autonomes et libres, audacieux et créatifs, capables de côtoyer un monde en transformation » Liliana Viotti.

 

La proposition de la vision Biocentrique est de collaborer à la recherche d’une méthodologie à partir de laquelle les individus dans les organisations peuvent développer plus pleinement leurs potentialités, selon les besoins du milieu, en agissant au bénéfice des personnes et de la nature comme un tout ; en harmonie avec l’univers et avec la vie.

 

Le besoin est toujours plus grand d’avoir des politiques tournées vers le développement des personnes dans une organisation. Il ne suffit pas seulement de recevoir la personne avec des capacités socio émotionnelles et techniques adéquates à la tâche, il faut développer encore plus ces capacités pour rendre les personnes excellentes en générant des résultats extraordinaires. Les personnes qui s’engagent profondément avec la mission et la vision de l’entreprise.

 

« L’idéal est que l’organisation formelle reconnaisse et appuie ses réseaux informels de relation, incorporant les innovations de celles-ci à leurs structures » Fritjof Capra

 

Développer les personnes à percevoir l’éclat de l’autre, le trésor caché, la pépite d’or, le talent, c’est-à-dire ce que cette personne a de meilleur : qualités ou capacités. Aider à les développer par différents types de formation, cours, espaces de coaching, etc.

 

« C’est une expérience d’interaction individuelle et groupale par laquelle les sujets développent et perfectionnent leur habilité et leur dextérité pour une communication ouverte et directe, les relations interpersonnelles et la prise de décision leur permettant de connaître un peu plus d’eux-mêmes et de leurs compagnons de groupe, pour grandir et être plus humains » Britto Challa.

 

Aider l’individu à développer ses potentiels signifie créer toute une série d’événements favorables pour que la personne et son entourage s’améliorent, optimisant les ressources des personnes et des employés.

 

La clé pour ceci est la connaissance de soi qui amène à reconnaître ses propres capacités et difficultés.

 

PREMIEREMENT c’est la personne et APRES son rôle

 

Nous croyons qu’en renforçant l’IDENTITE de l’individu nous développons ses capacités dans le rôle et la tâche qu’il réalise.

 

Cette perception de développement des personnes est liée à une vision de l’entreprise où l’ouverture à l’apprentissage est constante. Ceci est possible et soutenu par un système d’espaces de réflexion verbale, de support émotionnel, de formations techniques et aussi tournées vers le développement des capacités socio émotionnelles relatives à la tâche.

 

Cette modalité de travail aide à aligner les personnes à la vision et à la mission de l’organisation, fournissant ainsi une meilleure qualité, efficacité et de meilleurs résultats. De cette façon, cela collabore à améliorer la qualité de vie des collaborateurs qui est une partie importante de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise Interne. Elle permet aussi de favoriser l’engagement du personnel avec le lieu de travail, car cela augmente la valorisation personnelle de la tâche réalisée.

 

Il est fondamental que les travailleurs sentent que leur lieu de travail se préoccupe de ce qu’ils font et des capacités que chacun possède. C’est seulement de cette façon que ces ressources humaines se sentiront partie de la compagnie, parvenant à un équilibre social désiré.

 

Les formations, cours et entraînements pour le développement personnel permettent aux participants de réveiller et développer des habiletés et des attitudes qu’ils avaient déjà intérieurement. Nous pouvons voir ici quelques-unes de celles-ci :

 

-       Générer de la confiance en soi

-       Aider à chercher l’intégrité (congruence entre ce que je sens, ce que je pense et ce que je fais)

-       Potentialiser l’innovation et l’initiative

-       Capacité de reconnaître et exprimer des émotions (intelligence émotionnelle)

-       Capacité et désir d’apprendre (apprendre à apprendre)

-       Habileté pour prendre des décisions

-       Habiletés de communication et de rétro alimentation

-       Capacité de traiter les conflits, en développant l’écoute active

-       Capacité de reconnaître les conquêtes et les mérites des autres.

 

Le développement des personnes est stratégique pour une organisation, en particulier pour ceux qui ont des postes élevés ou moyens et qui sont arrivés à cette place en s’investissant grâce à leur capacités techniques et la connaissance précise de leur tâche. Ces personnes doivent développer plus leurs habiletés et capacités socio émotionnelles car celles-ci sont importantes pour le rôle qu’elles ont dans l’organisation.

 

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Article du mois de novembre 2015
 

Une idée de l'écologie humaine par Eni Spode

 

L’écologie humaine ne doit pas être vue comme une simple branche de l’écologie traditionnelle. Elle inclut tant d’autres facteurs (économique, social, psychologique) qui transcendent les concepts. Elle a pour objectif de comprendre les relations de l’homme avec son espèce, avec les autres espèces vivantes et avec son milieu physique.

 

Les domaines les plus importants – épidémiologie, ethnologie sociale (compare des sociétés industrielles et non industrielles), sociologie, biologie, géographie, anthropologie, physique, psychologie environnementale et plus particulièrement les perceptions environnementales ou les effets de polluants sur le comportement humain (Evans, 1980) et beaucoup d’autres – présentent des connaissances qui se croisent et s’unifient afin de favoriser la compréhension des relations qui se passent en permanence dans un milieu. Cette compréhension doit stimuler la construction de relations de plus en plus saines. Par exemple, l’architecture peut compter sur les informations fournies par l’écologie humaine pour planifier l’occupation adéquate de l’espace. Ainsi, la société bénéficie et participe à la toile en faveur d’une bonne co-vivencia.

 

Voir le monde avec d’autres yeux et percevoir l’interrelation qu’il y a dans le tout est le but principal. Comprendre que le chemin de l’être humain doit aller vers la capacité de vivre en harmonie, avec le maximum de ses potentiels de créativité, d’affectivité, d’auto-organisation et d’estime de soi en fonction d’une éthique essentielle et d’un besoin permanent de perception de soi, de durabilité et d’harmonisation.

 

L’écologie humaine, l’écologie profonde ou l’écologie intégrale – termes qui ont été utilisés pour désigner la vision systémique de l’environnement – redimensionnent la perception écologique traditionnelle diffusée dans les années 70 en considérant l’homme lui-même comme un environnement. Elle suggère ainsi un retour à soi-même en recherche d’une nouvelle perception de l’univers où la vie est le centre de tout et tout a de la valeur. Cette perception est dans le principe biocentrique, paradigme qui fonde l’éducation biocentrique et la Biodanza – système de développement humain basé sur les vivencias d’intégration affective et de rénovation organique. Ce paradigme s’inspire des lois qui conservent les systèmes vivants et établit une façon de sentir, penser et agir intégrés. Elle doit être le point de départ pour une formation de la toile qui contribuera au succès des actions planifiées et mises en pratique, générant une coresponsabilité.

 

Une telle conception ne pourra naître que dans des cœurs émus par la force génératrice de vie, l’amour que contiennent les valeurs de qualification, d’éthique et de respect. Prendre soin des choses implique avoir de l’intimité, savoir écouter et entrer en syntonie. Cela génère un sentiment d’inclusion et unit tous les fils du réseau, aussi différents soient-ils.

 

Stimuler la connaissance et la vivencia proposés par l’écologie humaine est un devoir de tous (famille, école, pouvoir privé, pouvoir public…) pour générer et renforcer la culture de protection et de conservation dont on parle tant. Elle doit être pratiquée par tous les citadins, de n’importe quel âge et être présente dans toute action, comme prendre soin de soi, que ce soit en traversant la rue, en conduisant, en se nourrissant ou en ne faisant pas un usage indu de drogues. En prenant soin de soi, on prend soin des autres. C’est aussi prendre soin de l’environnement et, comme le dit Roberto Shinvashiki, qui aime protège.

 

Dans cette liste d’actions positives, nous en avons d’innombrables autres : mettre les déchets dans les poubelles adéquates ou en produire moins ; préserver, réutiliser ou recycler toutes sortes de matériaux ; respecter les lieux réservés aux personnes âgées, aux handicapés et aux femmes enceintes ; préserver et rationner l’utilisation de ressources naturelles, etc.…

 

Tout dépend cependant du lien affectif, de la connaissance, de la conscientisation (celle-ci dépend de la vivencia), de l’action et de la discipline que requiert une planification constante.

 

Planifier signifie intégrer des idées et des actions en faveur d’un objectif. C’est un apprentissage qui favorise la co-vivencia harmonieuse et a une relation directe avec l’écologie et d’autres disciplines semblables où les théories se fondent.

 

Cela doit faire partie de la formation de l’enfant d’avoir une continuité dans toute sa vie et être vu avec de bons yeux par les parents, les éducateurs, les législateurs et les administrateurs qui coordonnent les actions qui interfèrent dans le tout, au-delà du temps normalement prévu. En ce moment, la connaissance et la vivencia de la « toile » présentée par Fritjof Capra dans son livre est indispensable.

 

La toile de la vie

En elle tout est interrelié et contribue au maintien de chaque partie. Car nous allons réfléchir, nous intégrer et agir dans des paramètres qui favorisent la durabilité. Seulement ainsi nous pouvons contribuer à une vie plus saine dans laquelle nous n’avons pas de catastrophes annoncées.

 

Références bibliographiques

BOFF, L. Consciência Planetária.SP. Ed. Sextante, 1999.

 

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Article du mois de novembre 2015
 

Nous sommes tous un par Sanclair Lemos

 

La force qui nous guide

est la même qui enflamme le soleil,

qui anime les océans

et fait fleurir les cerisiers.

La force qui nous meut

est la même qui s’agite dans les semences

avec son message immémorial de vie.

La danse génère le destin

suivant les mêmes lois qui lient la fleur et la brise

Sous le tournesol d’harmonie

Nous sommes tous un.

Rolando Toro Araneda

 

La force qui habite dans les océans, qui fait fleurir les cerisiers, la force qui nous meut est la même qui habite dans la semence.

 

La danse génère le destin suivant les mêmes lois qui lient la fleur à la vie.

 

Sous le tournesol d’harmonie, nous sommes tous un.

 

Mais nous ne sommes pas un comme quelque chose de donné, gratuit : nous sommes un sous le tournesol d’harmonie, c’est-à-dire que nous sommes un uniquement et seulement si nous trouvons l’harmonie nécessaire pour sentir que nous sommes un.

 

Que nous enseigne cette poésie, quelle est cette vivencia ? Cela me plairait de voir, de chercher comment nous arrivons à la possibilité d’être un et quel est le sens de cela pour nous. La sensation d’être un est une vivencia mystique. Nous entendons le mot mystique comme ce qui a la vivencia de la divinité. Avant tout, il faut avoir la certitude que nous vivons dans un monde donné. Notre sensation est que nous existons dans un monde donné à priori. Par exemple, cette salle existe, nous arrivons et entrons, nous bougeons comme si le monde était une boite et nous bougeons comme dans une boite, mais ce n’est pas une boite, le monde dans lequel nous vivons est un monde perceptif, un monde de perception. Ceci complique un peu l’histoire parce que chacun de nous a une qualité de perception basée sur notre structure vivencielle, qu’est-ce que cela veut dire ? Que la vivencia nous organise et intègre ou désorganise et désintègre, elle permet ou ne permet pas l’expression de nos potentiels. Chacun de nous a une histoire vivencielle, chacun de nous a une qualité d’organisation de la perception et finalement chacun de nous vit dans un monde particulier organisé par la perception.

 

Il arrive que le langage unifie la perception. Je dis : ceci est un pantalon blanc, chacun perçoit quelque chose de différent mais le mot blanc aplanit les différences et nous prétendons que nous parlons de la même chose alors que la vérité c’est que ce n’est pas ainsi.

 

En marchant dans la nature, chacun de nous percevons quelque chose de différent, notre monde est perception, est une construction de la perception, les physiciens et les biologistes spécialement disent que le monde perçu est la rencontre entre l’organisme neurologique qui perçoit et une autre chose, une soupe quantique disent-ils, un chaos énergétique disent-ils, mais l’organisme traduit ceci d’une certaine façon et transforme l’immensité en quelque chose de compréhensible, une personne, un sentiment, mais toutes ces choses en vérité sont flux d’énergie que la perception organise. Nous sommes une forme, nous somme un flux d’énergie qui est vu comme une forme. A partir de cela surgit une ouverture dans le cœur et dans l’esprit pour comprendre l’unité et l’harmonie.

 

Il existe un cercle : la vivencia dépend de la perception et la perception dépend de la vivencia. La vivencia actualise et transforme la perception à chaque moment.

Rolando Toro a découvert la pierre philosophale la clé qui ouvre toutes les portes : la vivencia. La vivencia nous construit et illumine, mais elle nous détruit et nous emprisonne aussi, selon notre structure vivencielle apprise.

La perception est une reconnaissance, c’est une traduction mentale, c’est une structure symbolique. Quand nous percevons nous sommes un symbole de l’humanité. Si vous me suivez dans ce que je souhaite dire, nous ne sommes pas seulement une forme, une structure, nous sommes un symbole d’un sens de l’humanité, un symbole qui révèle l’essence. Nous savons depuis longtemps que la vérité est en tout phénomène qui la révèle, chacun de nous comme symbole de l’humanité porte en soi la possibilité de la vérité humaine. Nous ne savon pas bien ce que c’est mais ce n’est pas important car nous ne savons pas non plus qui ou qu’est-ce que nous sommes.

L’acte même de vivre change à chaque moment la qualité de la perception.

Une grande ambiguïté dans la perception de notre époque et parfois de l’histoire est le fait que nous prenons des aspects partiels de notre vivencia et les considérons comme si elles étaient la totalité. C’est une conception philosophique analytique : nous prenons un aspect de la réalité et nous considérons cela comme la totalité. Ceci est un rétrécissement de la perspective, c’est un appauvrissement de la vie. Chaque fois que quelqu’un dit « je sais » il se perd lui-même à savoir.

Tous ceux qui savent déjà sont condamnés à ne pas savoir ; pour savoir il faut ne pas savoir. Cela semble évident mais il faut le clarifier, l’évidence nous empêche de voir clairement.

Il existe une division de la réalité dans notre perception, nous séparons l’action corporelle du monde mental, le monde mental est une chose et l’action en est une autre. La division dans la perception est une espèce d’habitude, nous apprenons cela dans les familles mais ces phénomènes, faits, choses, personnes, événements, pensées, sentiments, surgissent comme une réalité à partir de la relation existante entre tout ce qui va leur donner naissance. Par exemple, tout ce qui existe dans le monde est une expression particulière d’une danse qui englobe la totalité. Si un aspect de la danse n’est pas présent, toute la danse change. Ainsi il existe une vérité, une perception que tout fonctionne parce que tout est partie d’un tout. Un hologramme est un phénomène où chaque partie contient en soi l’information de la totalité. Si nous observons un être humain, chaque cellule a en elle l’information de toute l’humanité, de toute l’histoire de tous les temps, de tout l’Univers. C’est difficile à comprendre et terriblement difficile d’accepter, c’est très difficile d’assumer que chacun de nous est l’expression particulière de l’esprit de la totalité.

Comment puis-je dépenser mon énergie, mes habiletés avec médiocrité si je suis l’expression de la totalité de l’existence ?

Non comme une idée, non comme une réflexion, mais comme un sentiment profond de lien ; aujourd’hui les relations qui constituent notre identité se font au niveau des formes des choses, au niveau des interrelations personnelles corporelles, cellulaires, moléculaires, à différents niveaux d’expression de la totalité.

A partir de l’acte quotidien au niveau social, au niveau de la nature, jusqu’au rassemblement des étoiles, l’univers est un, si vous dédoublez et amplifiez la perception vers l’extérieur et vers l’intérieur.

Vous faites de la Biodanza depuis longtemps et avez déjà entendu parler qu’il y a dans la réalité un mouvement d’expansion et de recueillement. Ce n’est pas exactement un recueillement, il y a une expansion vers l’extérieur et une expansion vers l’intérieur ; dans cette pulsation de l’expansion vers l’extérieur et vers l’intérieur nous trouvons l’équilibre parfait.

Il n’est pas nécessaire de faire un effort pour être en expansion, c’est le mouvement lui-même qui est en expansion et il est intéressant de noter que c’est un seul mouvement, vers l’extérieur et vers l’intérieur en même temps.

Quand je perçois que c’est une partie d’une totalité ou que c’est un tout constitué de parties, c’est une pure perspective, chaque partie est un tout, chaque partie à un moment est un tout ; et ensuite c’est une partie d’un tout plus grand, les expansions révèlent une unité plus vaste.

Sans les parties il n’y a pas de tout, le tout surgit dans la relation entre les parties et sans le tout il n’y a rien, parties et tout, une relation de mutuelle dépendance qui crée la réalité, la réalité de vivre et d’expérimenter de chacun de nous.

Aucune caractéristique d’un phénomène ne peut le définir ou l’identifier dans sa totalité, aucun mot de qui que ce soit n’a le pouvoir de définir une chose, parfois nous nous offensons si, par exemple, quelqu’un dit « vous êtes laid » si quelqu’un me dit laid, je me sens laid parce quelqu’un crée que je suis laid.

Le mot de quelqu’un cependant n’a pas le pouvoir de me définir, le mot a le pouvoir de révéler qui parle.

Quand quelqu’un me dit laid, je lui dis que c’est sa capacité de voir, s’il me dit joli je dis que c’est sa capacité de voir. Ma qualité humaine n’est ni laide ni jolie et ne peut être définie par les mots de personne, ni par les miens. Moi je suis un éternel inconnu, parce que je suis un mouvement d’expansion vers l’extérieur et vers l’intérieur dans les totalités superposées et interpénétrantes.

Sommes-nous partie de l’univers ? Si nous observons avec de petits yeux, nous en sommes partie, si nous observons avec des yeux misérables, nous sommes infimes et j’ajoute quelque chose pour nous stimuler : si nous observons avec de petits yeux, nous pouvons aussi créer et penser que nous sommes des pécheurs par nature mais si nous observons avec de grands yeux, nous sommes de la même qualité que la totalité qui ne peut être définie.

L’esprit humain n’atteint simplement pas la grandeur, notre esprit bouge dans les choses de notre monde immédiat, nous connaissons la simplicité mais ce qui est réellement important dans la vie comme les sentiments et les vivencias, aucun mot n’arrive à les toucher.

Ce que je suis en train de signaler c’est que l’essentiel et l’harmonie qui ne font qu’un, sont dans un lieu derrière les mots, bien au-delà des mots ou entre les mots, dans un lieu vide, qui ne prête donc pas attention à ce qui dit le mot en soi, qui voit ce qui existe dans les espaces vides bien au-delà des mots.

Aucun mot ne nous définit, aucun phénomène, aucune chose, aucune personne ne se définit soi-même, ni par soi-même, par exemple, je dis « Je suis », je suis parce que si je n’étais pas je n’existerais pas, parce si ce n’était par ma maman ou par mon papa je n’existerais pas, parce si ce n’était par les professeurs je ne saurais pas écrire ni m’exprimer de façon adéquate.

Si ce n’était par toutes les personnes que j’ai rencontré dans la vie, je n’existerais pas ici, littéralement et symboliquement.

En vérité, si ce n’était par tous les autres, personne d’autre ne pourrait exister.

Comprendre et aborder simplement en ce moment le fait que pour qu’une chose existe, il faut que toutes les choses existent et même une pierre est irremplaçable.

Rolando Toro parlait de ce qui est irrémédiable, toutes les actions humaines sont irrémédiables, le processus évolutif a quelques caractéristiques, je vous en ai rapporté quelques-unes, il a son rythme propre, il ne peut le dépasser, tous les points du chemin doivent être parcourus ; il n’y a pas de raccourci, ceux qui sont pressés désirent normalement un raccourci, le raccourci finit par être plus long, et il n’y a pas de retour, le chemin est toujours vers l’avant, il n’y a pas d’exception.

Comment revenir à l’amour d’avant ? Ce n’est pas possible mais on peut créer de l’amour vers l’avant.

Les personnes disent : « Ce stage je l’ai déjà fait », comment est-ce possible d’avoir fait quelque chose qui n’existe pas encore ? Chaque moment est nouveau, la vie est toujours nouvelle dans le mouvement vers l’avant.

Chacun de nous se révèle comme un monde en forme momentanée, chacun de nous se définit par une relation mutuelle avec tout ce qui nous entoure, les personnes, les formes, l’émotion, le sentiment, par la relation avec nos pensées et avec nos sentiments, ceci nous crée à chaque moment dans ce flux d’énergie.

Nous allons nous approcher de l’harmonie, qu’elle serait cette harmonie qui génère le sens, le fil conducteur ? Quand nous regardons le monde, nous regardons à partir de nous-mêmes, je vois un monde qui est hors de moi et j’ai l’absolue certitude que le monde est hors de moi, j’ai appris cela. Pour nous approcher de l’harmonie, il faut diminuer la distance entre le percevant, moi, mes yeux, mes oreilles et ce qui est perçu. La question serait Comment le faire ? Comment est-ce possible ? Cela veut dire que je dois être proche perceptivement, l’unique façon de diminuer la distance entre moi et le monde, entre moi et le monde que je perçois c’est de diminuer la force des convictions apprises avec une charge émotionnelle.

La Biodanza a des instruments pour le changement, je suis tellement identifié à mon histoire, mon histoire est une expression de moi, c’est si concret que même mon corps et mon fonctionnement biologique changent.

La Biodanza propose la rencontre, la rencontre se fait simplement, nous ne disons rien, nous sentons simplement quelque chose que nous ne nommons pas, ce n’est pas de la peur, ce n’est pas de l’amour, ce n’est pas de la passion ce n’est rien, c’est une chose ; une rencontre mystérieuse, dans la rencontre nous pouvons sentir que nous sommes semblables l’un avec l’autre, la vérité est que nous sommes les mêmes, sans être égaux.

Ceci est un état mystique, ceci est le début de l’extase, le moment où nous sommes capables d’être dans le moment présent, sans juger, sans conceptualiser ; simplement en sentant et en agissant à partir de la vivencia.

Quelle est donc notre action ? Nous avons besoin d’une espèce de rapprochement et de lien, nous marchons sur le même chemin, là nous nous rencontrons, mais il n’y a qu’un seul travail possible ; réorganiser la structure vivencielle, c’est l’unique travail que nous pouvons faire.

Dans la relation possible cependant apparaît l’intégration, la santé, ensuite la plénitude, le bonheur et peut-être l’illumination qui est la perception de la lumière du monde.

L’organisation de l’organisme au niveau du mouvement, au niveau de la capacité de sentir, et au niveau symbolique, au niveau de la pensée, est une unité indissociable. Mouvement, sentiment, pensée sont une unité dans toutes les circonstances.

La perception que nous sommes en relation, que nous sommes liés dans un état de rencontre permet la compréhension profonde que toutes nos raisons, toutes nos vivencias du monde, nos sentiment, notre façon d’être sont le résultat de toutes les relations établies au long de notre vie depuis toujours.

Plus que cela encore, chaque action influence les autres par vagues d’harmonie ; même si ces autres ne sont pas spatialement présents.

La perception de l’unité permet d’aller au-delà de la tendance que nous avons de voir les choses et les événements comme des entités séparées, distinctes en figeant certains aspects de l’expérience vivencielle et en prenant ces aspects de la réalité pour la réalité entière, ignorant tristement la complexité de la totalité.

Complexité n’est pas synonyme de difficulté, complexité est synonyme de liberté, plus un système ou un organisme est complexe, plus libre est ce système.

Le degré de complexité d’un système est lié à la possibilité de ce système d’être contrôlé, plus le système est complexe, moins il est contrôlable et prévisible.

Que ce soit en sciences, dans la vie quotidienne, plus un organisme est complexe, plus libre il est, terriblement libre parce que la liberté demande de la responsabilité.

Nous sommes libres à la mesure de notre responsabilité et de notre autonomie. Liberté, autonomie et responsabilité marchent ensemble.

L’individualité, cette chose dont beaucoup s’enorgueillissent, qui fait gonfler la poitrine et leur fait dire je suis un individu est une fantaisie, une construction mentale.

La notion d’individu est la création de frontières dans la source de nutrition de l’existence, plus nous sommes d’individus, plus nous sommes séparés de la matrice d’harmonie et de la nature, plus individualisés et séparés nous sommes, plus nous sommes désolés, plus nous sommes affamés, plus nous sommes assoiffés. Je reconnais que les barrières sont faites pour nous protéger, mais elles ne fonctionnent pas seulement dans une direction, la même barrière qui me protège du monde m’empêche de le vivre, je continue à souffrir, désolé par l’idée d’individualité, une idée forte, socialement renforcée à chaque moment.

Nous avons la tendance à défendre nos défenses, bien que cette idée soit absurde, la distinction entre moi et l’autre est une convention sociale, une convention sociale n’est pas une vérité. C’est une partie de la réalité vécue à chaque instant dans cette culture qui fait peur.

L’être humain a construit une culture qui le tue lui-même.

Il existe seulement deux formes de vie qui détruisent l’environnement dans lequel on vit ; les virus et l’homme, certains croient que l’être humain est comparable à un virus, mais ils parlent d’un être humain séparé, triste et dissocié de sa nature.

L’humanité et un état de conscience amplifié mesuré par l’amour. Nous devons encore trouver notre état d’humanité.

Nous sommes en ce moment responsables de la survie et de l’évolution de l’humanité, ce n’est pas une tâche facile mais nous ne désirons pas réellement une vie facile.

Mais une vie intense.

Si nous n’arrivons pas à un changement rapide concernant l’alimentation, la structure de la co-vivencia, la rupture émotionnelle à la maison, la relation avec les personnes aimées, la relation avec soi-même, nous allons passer des moments plus difficiles dans les jours qui viennent, les prochaines générations vont vivre dans un monde beaucoup plus difficile que celui dans lequel nous vivons.

Je suis moi-même celui qui me sépare du monde, la perception a construit des civilisations mais nous n’avons pas nourri notre humanité. Il serait préférable de vivre dans une société tribale et d’être rempli que dans une culture technocrate et vivre comme nous vivons, malades, tristes, sans énergie ;

Don Juan, le chaman demande à Castaneda à un moment donné : Sais-tu que quand nous mourrons, nous allons mourir complètement ? Castaneda lui dit que oui mais Don Juan lui dit qu’il ne le sait pas réellement parce que s’il savait qu’il allait mourir complètement, il vivrait aussi complètement.

Cela nous sert ; et je me pose toujours cette question que je vais vous faire maintenant, qui est plus un rappel, vous ici savez-vous que vous allez mourir complètement ? Alors il faut vivre complètement. Parce que quand nous vivons complètement, la mort se transforme en vivencia, parfois la vivencia suprême de la vie.

Cette perception de l’unité qui est en expansion et à partir de laquelle je peux dire que je suis toi ; que nous tous sommes la génération de l’harmonie et pour cela nous sommes un.

Toute désorganisation qui part de mon être, au niveau de mes actions, au niveau de mes mots, des sentiments, remplissent la désorganisation du monde.

La première personne qui est victime de mon ignorance, de mes certitudes, de ma peur, c’est moi-même.

Sérieusement, quand vous êtes plein de rage, en colère contre quelqu’un, qui sent votre rage ? Vous-même, et si la personne vers qui se dirigeait la rage était une personne éveillée, votre rage ne pourrait même pas la toucher, et vous seriez les seuls à souffrir de votre propre rage.

Il faut percevoir cette unité pour remplir son niveau d’harmonie qui nous permet de dire que la force qui nous anime est la même qui anime les océans, qui enflamme le soleil, la même qui fait fleurir les semences et que sous le tournesol d’harmonie, nous sommes tous un.

La perception de l’unité se déploie en niveaux.

Le premier niveau de l’unité est l’unité intra-organique dans lequel mon corps bouge, je sens entièrement ; pensée, sentiment, mouvement sont des expressions d’une seule perception de la vie.

Le deuxième niveau de perception est l’unité du corps et de l’esprit.

Un niveau au-delà est l’unité entre soi-même et les autres qui est apparemment autre.

Un autre niveau d’unité est l’unité des relations avec la nature, avec l’environnement dans lequel nous existons ; nous sommes la nature, nous ne sommes pas partie ou simplement des explorateurs, nous somme la nature même, nous sommes la planète, nous sommes le cosmos.

Niveaux d’unité, niveaux d’éveil, niveaux de perception qui sont liés et qui reposent sur l’intégration corporelle de la vivencia.

J’aimerais vous raconter rapidement une histoire avant de clore.

Une femme, une vieille, cherche quelque chose d’obscure dans la nuit, puis arrive quelqu’un de bon cœur qui lui demande :

Madame que cherchez-vous ? « La clé mon fils, la clé de ma maison », je vous aide lui dit-il et ils cherchent ensemble. Après une demi-heure sans trouver la clé, son bon cœur déjà un peu épuisé demande finalement :

Madame vous êtes sûre d’avoir perdu la clé ici ?  « Non, mon fils je l’ai perdue là », l’homme désespéré, « madame pourquoi la chercher ici si vous l’avez perdue là ? » « Parce qu’ici il y a plus de lumière mon fils ».

Nous cherchons les choses où il y a de la lumière car cela semble plus facile, nous ne cherchons pas là où les choses sont car là l’exigence est plus grande, il faut passer par une transformation, un processus qu’il semble souvent que nous ne voulons pas vraiment, nous voulons être éclairé, rencontrer l’amour et être heureux, nous disons que nous voulons changer mais que tout reste comme c’est.

J’aimerais seulement vous dire que ceci n’est pas possible pour changer il faut changer, pour percevoir l’unité dans l’autre il faut avoir l’unité en soi.

Pour sentir la grâce merveilleuse de l’unité et la vérité, il faut avoir la vérité en soi ou, comme le disent les grands mystiques, pour voir Dieu il faut être Dieu.

Merci beaucoup.

 

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